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Ichinen kan 日本 no ryokoo

Video killed the radio star

Aussitôt revenu de Suisse, ma vie japonaise a tranquillement repris son cours. Mes collègues japonais n'étant pas très curieux, je peux me dire, en regardant le côté positif de la chose, qu'au moins je n'aurai pas été harcelé de questions.

J'ai retrouvé ma place de travail qui n'avait pas été prise par un autre entre temps, ce qui n'a rien d'étonnant : qui en voudrait ?
C'était pour la blague. Il est vrai que j'ai peint un tableau plutôt sombre de ma situation  mais, là encore, en gardant la postivitude - Oh ! Je vais le proposer à l'Académie française celui là, les pays asiatiques  poussent sans nul doute à la création de néologismes - je dois admettre que je ne suis pas si mal lotis tout compte fait. J'ai en effet suffisamment de libertés pour faire de mon travail quelque chose de plus motivant et c'est donc l'objectif que je me suis fixé depuis. J'ai dorénavant pour leitmotiv : "si tu (le travail) ne viens pas à Clément, c'est Clément qui viendra a toi !". Il ne me reste plus qu'à trouver cette botte secrète qui opérera cette fameuse transformation, et ce, qu'il me faille chercher à Nemours ou ailleurs.

Bref, jusque là, quel est le rapport avec le titre volé à The Buggles ? Aucun en effet. Mais réjouissez-vous car sa venue est proche ! Hu-hum...

D'ici quelques lignes, je vais parler un peu de culture japonaise ! Cela faisait un moment déjà que je n'avais pas abordé le sujet, il semblerait que lors de la dernière fois c'était à propos de la façon de faire la "fête" au dortoir, donc rien depuis août. Enfin, soyez heureux, vous, public avide de connaissances car  j'ai encore quelques tours dans mon sac pour vous en mettre plein les mirettes !

Lors de mon retour en Suisse, certains m'ont demandé si c'était bien dans mon entreprise qu'il y avait une séance de gym tous les matins. En effet, mais pas seulement ! C'est comme cela dans tout le Japon ! En théorie personne n'est censé y échapper.
Comme j'ai pu le lire sur internet, cette surprenante et amusante (pour moi, pas pour ceux qui la font) activité de groupe matinale a un nom : rajio taisô, ou ラジオ体操 pour ceux qui peuvent lire le japonais sur leur ordinateur, ce qui signifie "radio gymnastique".
Il semblerait que cette mascarade soit devenue populaire après la seconde guerre mondiale et soit imposé tout d'abord aux étudiants japonais puis pratiqué aussi par les salariés. Le gouvernement ayant alors pour objectif  de robotiser sa population
de rehausser le moral et d'aider à la formation d'un esprit de groupe.
C'est sûr, en sachant qu'environ 127 millions de compatriotes font les mêmes gestes au même moment
-  pas exactement au même moment en réalité, l'émission passe à 6h30 sur la radio nationale mais l'entreprise choisit l'heure à laquelle l'éveil aura lieu - dans tout le Japon ça peut donner ce sentiment. Mais d'un autre côté, la vision de ce spectacle me donne vraiment l'impression d'automates se levant, bon gré mal gré, à 7h55 précises (dans le cas de mon entreprise), puis s'exécutant dans un numéro en groupe (sans compter ceux qui font semblant en remuant vaguement un bras) puis enfin qui retournent s'asseoir chacun dans leur coin. L'unité de groupe a été formée pendant 1 minute 30 ! Youhouhou Rintintin...
Etant stagiaire et donc ne faisant pas vraiment partie du groupe, personne ne m'a encore dit quoique ce soit en me voyant assis avec un sourire jusqu'aux oreilles de par le comique de la scène.
Oui, encore maintenant cela me fait assez rire, vous les verriez lors du "finish" faire trois petits sauts sur place et en même temps ! J'ai d'ailleurs filmé la scène mais malheureusement pour vous je ne vais pas la publier sur internet, par contre je peux vous montrer une vidéo qui vous expliquera (en japonais bien sur) comment paraitre vraiment ridicule,  debout ou, parce que le gouvernement japonais pense à toute sa population, assis !

On dirait que la vidéo ne marche pas terrible, alors si jamais vous pouvez cliquer  aussi.


Préparatifs de départ

07.08.2008 : Enfin du travail ! enfin ...

Demain vendredi débuteront mes premières vacances que je vivrai en tant qu'employé fourbu par des journées riches en activités cérébrales. Enfin, ceci à plus ou moins de choses près.

Mais la question n'est pas encore à la rigolade ! Il reste encore un jour et des poussières. Tiens, d'ailleurs il est là le problème : les poussières.
Nos amis de chez JTEKT n'aiment pas laisser vagabonder les moutons sur les verts pâturages de son terrain. Ainsi, deux jours sont requis pour traquer ces ignobles bestiaux. Cela donne une bonne occasion pour tous de ne rien faire pouvant contribuer 
à l'avancement de son projet (si par chance ils en ont un) et de ranger lentement ses petits papiers trainant à gauche à droite.
Histoire de rationnaliser un peu, c'est sûrement une bonne chose de ranger de temps en temps les laboratoires dans une entreprise. Je ne vais donc pas trop critiquer ce point.

Bref, ce matin vers les coups de 10h30, mon chef m'appelle et me raconte avec sa façon détendue habituelle (un peu comme si une bombe allait exploser sous peu) qu'il va falloir commencer le fameux rangement du printemps d'été. Je me lève donc pour l'aider dans ces tâches.
La premi
ère consistait à enlever des étiquettes sur des classeurs qui trainaient dans un coin. Ensuite je l'ai accompagné pour chercher des cartons puis nous avons remplis ceux-ci avec de vieux magazines. C'était super. Une fois ceci fait, mon chef me dit de le suivre et me voyant arriver la tête nue il rajoute "n'oublie pas la casquette". Oui oui, le truc que j'avais mis pour faire le clown sur les photos et qui se repose sur mon bureau depuis lors. J'ai donc chaussé ce couvre-chef sans lequel Dieu sait ce qu'il me serait arrivé : éborgné par une météorite qui foncerait sur moi, ou par un rayon laser réfléchi par un satellite.. enfin.. un truc terrible sans doute. Bref, je vous passe sur la suite tant que l'histoire était passionnante. A midi le rangement était fini, je suis retourné sur mon PC pour regarder mes mails mon programme en C.

Demain soir mes vacances d'une semaine commencent, direction Kyushu avec Frédéric.
Pour toutes mes fans, soyez patientes je reviendrai !

PS : Pour ceux qui ont remarqué et qui se poseraient la question, non, je ne fais pas exprès de publier mes articles tous les jours se terminant par "7". Mais c'est en effet amusant.


Aie ho aie ho !

17.07.2008 : Désillusions...

Après le dimanche (29) passé en solitaire dans mon superbe dortoir dernière génération, qui sent le moisi dans le vestiaire de la douche, qui ne sent pas spécialement bon dans le réfectoire, qui est décore comme un hôpital (psychiatrique) et j'en passe et des meilleures, j'ai pu découvrir mon entreprise dans laquelle je vais passer les neuf prochains mois. Quelle joie ! (non je blague).

Juste au passage concernant le dortoir, on m'avait dit que j'étais dans le nouveau bâtiment, mais je me demandais, aux vues de certains détails, quand est ce qu'il avait été bâti... J'ai donc fini par poser la question, et oui, il est bien nouveau, mais ca doit faire depuis bientôt 20 ans qu'il l'est ! Quelle chance, j'aurai pu avoir l'ancien qui lui a été construit sûrement 20 ans auparavant ! Si ce n'est plus.

Bref, l'entreprise....... Autre sujet qui fâche....
Lundi matin, l'Empereur, sa femme et le petit prince, sont venus chez moi pour me serrer la pince, mais j'étais alors entrain de faire le tour des chefs du personnel, des chefs de groupes, des chefs de chefs, etc. en les saluant par courbettes et bafouillages.
Puis j'ai récupéré mon uniforme pour ressembler à tous les autres employés de JTEKT, parce que c'est ça l'esprit communiste communautaire.
Pardon pour la confusion entre les termes c'est que parfois je me demande où se place le Japon par rapport à ses idées politiques. Pourquoi les japonais sont-ils obligés de vivre dans le dortoir de l'entreprise pendant les six ans après leur entrée dans l'entreprise (sauf s'ils sont mariés ou qu'ils ont vraiment une bonne raison de ne pas suivre la norme) ? Pourquoi doivent-ils porter un uniforme (sauf les chefs bien sûr). Pourquoi doivent-ils faire la gym tous les matins dans leur bureau dès que la musique s'enclenche (avec souvent un manque de motivation éclatant) ? ...
De plus, chaque matin dans le vestiaire de l'entreprise ou encore avant d'aller manger dans le dortoir (matin et soir), il est possible de lire les slogans poussant à une production rapide et de qualité. Pour en rajouter une couche il paraît même qu'avant la fusion de Koyo Seiko et de Toyota Machine Tools (ayant donné JTEKT) les employés de Koyo avait la chance d'écouter l'hymne de l'entreprise avant la gym...

Puis j'ai rejoint mon labo ou je travaille avec quatre autres employés japonais. Trois de plus de 35 ans et un de 28 ans. Vous pourriez pensez que d'être dans un petit groupe permettrait de créer des liens peut être plus fort et donc s'intégrer plus rapidement dans l'entreprise. Eh bien, on pourrait le penser, mais ce n'est pas le cas. Mes collègues ne sont pas vraiment du genre bavard. Ni pendant le travail ou ils ne parlent pas (ni entre eux, ni a moi) puisqu'ils bossent, ni pendant les repas ou ils ne parlent pas non plus puisqu'ils se nourrissent. Parler serait une perte de temps n'est-il pas ? Ah et par suite logique, ils ne font pas de pause bien sur. De ce fait, pour ne pas devenir moi aussi asocial et autiste j'essaye de rejoindre quotidiennement les quatre suisses de l'entreprise qui eux font des pauses et tant pis si je passe pour un touriste qui ne sait pas rester 8h assis devant un PC à rien faire (j'en suis incapable d'ailleurs).

Pour revenir sur le titre de cet article "désillusions" qui sonne assez sombrement. Avant de rentrer dans l'entreprise (ceci inclus avant de rentrer dans le dortoir puisque c'est intimement lié), je pensais arriver et donner un coup de pied dans la fourmilière. Je pensais prétentieusement être un des premiers stagiaires à réussir à casser l'image de l'entreprise fermée que m'avaient peint plusieurs anciens stagiaires ou que j'avais lu sur internet. Je pensais qu'il suffisait de s'asseoir pendant un repas dans le dortoir à côté d'un japonais et de discuter pour se créer des amis. Je me trompais. Dans cet entreprise, sans vouloir être défaitiste, ce n'est pas possible.
Mais il existe sûrement quelques perles sur l'ensemble des entreprises japonaises, tout n'est pas sombre j'espère. D’ailleurs d'après les échos de Grégory, lui est bien tombé sur ce point, tant mieux pour lui.

Par suite, je ne parle plus beaucoup japonais depuis que j'ai quitté Kanazawa. J'essaye dès que je peux de pratiquer mais les occasions avec des collègues sont malheureusement bien trop rares à mon goût. Ce n'est pas la peine d'ajouter que les trois mois à Kanazawa n'étaient en rien comparables avec la vie d'ici. Autant au niveau de l'apprentissage de la langue qu'au niveau des échanges humains.

Concernant le travail. Aie ! encore un autre point délicat.
Pourquoi ? Tout simplement parce que jusqu'à aujourd'hui il n'y en avait pas... Les journées étaient par conséquent trèèèèès longues... La première semaine je lisais des articles, des rapports d'anciens stagiaires (ce sont les seuls en anglais), et je m'autorisais parfois de lire mes mails. Maintenant c'est presque pareil sauf que je m'autorise parfois à lire des articles.
Tous les jours le responsable de mon projet - qui est encore à définir - me dit de lire les articles - que j'ai déjà lu et relu maintes fois - et de continuer mes recherches. Il n'a pas du se rendre compte qu'il ne m'a pas donné d'objectifs, savoir quoi rechercher est donc une tâche ardue. A moins qu’il me fasse des blagues et qu’il me dise de continuer de lire mes mails personnels, mais ceci me surprendrait.
Cependant, depuis peu il se met à me donner une flopée de nouvelles directives. D'un côté c'est bien car j'aurai enfin quelque chose à faire, de l'autre : comme les directives changent de sens chaque jour je ne sais toujours pas vraiment à quoi me fixer. Quand je lui pose une question sur ce point il panique un peu et me répond vaguement qu'il existe en effet des risques pour que le travail ne soit pas encore décidé.
Je verrai dans quelques semaines si je suis devenu un employé japonais modèle (heures supplémentaires, asocial, ne jamais contredire les directives saugrenues, etc.) ou si j'aurai réussi à conserver mon européanisme (pauses supplémentaires, bavard, râleur, etc.). J'espère m'adapter d'une manière ou d'une autre, quitte à me résigner à oublier mes idéaux de "sociabilisation".

J'espère que vous me suivez encore, il faut dire que depuis le temps que je n'avais pas écrit d'articles c'est sûr que celui-là s'étale. Surtout qu'il y a tant de choses à dire sur l'entreprise. J'aurai bien des choses à dire encore sur le dortoir car depuis deux semaines j'en découvre tous les jours de nouvelles. La seule constante du dortoir est le repas (matin et soir) mais je reviendrai là dessus, je vous laisse mijoter et vous questionnez pour savoir ce qui peut être pareil à chaque fois !

Je m'amuse tout seul avec le retardateur. Image 7 (c'est la derniere)

PS : J'ai mis de nouvelles photos dans l'album JTEKT. Certaines montrent que je ne croule pas encore sous le travail et que j'ai quelques minutes à perdre parfois souvent.