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Ichinen kan 日本 no ryokoo

La fête du fric

11.01.2008 : Aaaaah, le fric, c'est chic !

Incroyable !
Je viens de remarquer que je n'avais pas parlé de matsuri (festival pour ceux qui ont oublié) depuis avril de l'an dernier ! Ce n'est pas qu'il n'y en a pas, c'est juste que je n'en ai pas parlé. Il faut aussi admettre que depuis la fin de la douce époque Kanazawa j'ai fortement réduit ma fréquentation de festival... En effet, ceux-ci se déroulant principalement en semaine, et n'ayant pas de jours fériés pour ces occasions, j'en ai manqué beaucoup qui avaient pourtant l'air très beaux.
Enfin, heureusement, à croire que les travailleurs ne sont pas oubliés, certains de ces événements se déroulent aussi les samedis-dimanches !

Ainsi, saisissant un chance inespérée m'ayant été accordée, j'ai profité d'un froid week-end de janvier pour me rendre à Osaka dans un temple du nom d'Ebisu. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas un temple dédié à l'amour, et feu Carlos n'en est pas le fondateur... En réalité ce festival est dédié aux marchands et a lieu une fois l'an.
Bref. Grâce à mes indic' vivant au Japon j'ai pu prendre connaissance de ce festival assez particulier à côté duquel je serai sûrement passé sinon. Ce qui aurait fort dommage sachant que cet événement ameute pendant trois jours plus d'un million de personnes et qu'il est tellement important dans Osaka qu'il bloque une artère entière du quartier de Namba (centre animé de la ville) jusqu'au temple, ce qui donne environ 1km. Sur toute cette distance sont juxtaposées les "échoppes de Yakuza" (relisez l'article précédant si vous ne voyez pas le rapport). Evidement, sur toute cette distance sont amassés les gens qui se rendent au temple ou qui en repartent. Sinon à quoi serviraient les stands ? Il ne faut pas oublier qu'au Japon chaque espace est rentabilisé, cette règle ne change pas lors de matsuri, bien au contraire.

En arrivant devant l'enceinte de l'Ebisu jinja j'ai bien remarqué qu'on ne m'avait pas attendu pour commencer les réjouissances. En effet, à peine le torii (porte shinto, le truc gris sur la photo pour être clair) franchi que la foule nous traîne, nous entraîne, écrasés les uns contre les autres dans une folle farandole. Enfin, pas si folle la bête, puisque en fait le circuit est bien défini ! Et ça ne rigole pas, car de là-haut Il guette.
Tout d'abord, comme je l'ai dit, on franchit le torii. Puis comme telle l'allégorie de la société de consommation le flux se dirige vers des poubelles pour y déverser leurs ordures ménagères de l'année. C'est donc pour cela qu'il n'y a pas de poubelle au Japon ! Ils les réserve pour ce jour !
Non non, bien sûr ce ne sont pas de banales ordures. En vérité, chacun vient avec dans les mains des branches de bambous séchées et des grigris achetés l'année précédente. C'est cela qu'ils jettent dans les bennes.
Ensuite, la populace passe une nouvelle fois sous un portique (?) avec des lampions pour atteindre le coeur vampirisant du temple. En effet, dès que les croyants se sentent prêts/près, ils lancent une pièce, ou plusieurs, vers le centre du demi-cercle défini par l'éventail rouge géant. S'ils sont vraiment très proches et vraiment très croyant, ils jettent même des billets, des portes-monnaies (si vous cherchez bien), des pochettes surprises jaunes et même .... des bouteilles en PET... mais dans ce cas le gars il devrait vraiment ne pas avoir compris le principe, certainement encore un de ces maudits étrangers. Le but du jeu étant d'atteindre le pilone rouge sang symbolisant bien sûr... heu... le pied du parasol ?
Après s'être allégé de substance matérielle le bien heureux pitcheur peut se diriger vers les nombreux stand à grigris aux alentours et dans le temple. Ce dernier pourra acheter des branches de rameaux bambous frais, des masques du Kami protecteur des marchands (il est gros donc bien-portant), une patte d'ours (nom donné à des râteaux à feuille en bois qui symbolise la griffe qui ramènera les sous-sous dans la popoche pour la nouvelle année), des corbeilles d'osier de bambou, des hochets en bois bambou, etc. Il ne manque plus que la cabane n'est ce pas.
Il peut être constaté que les stands du temple sont les plus appréciés. En effet, les malins moines ont su s'accaparer le meilleur argument de vente.

Après cette farandole bel et bien adaptée pour être la fête des marchands, les gens rentrent chez eux, heureux, avec leur nouvelle branche de bambou et leur objet porte-bonheur qui trônera, quelque part, sur le dessus poussiéreux d'une armoire.

           


Seihakusai

05.04.2008 : Ben Hur fait son cirque à Nanao

Lundi était férié partout dans le Japon, mardi aussi. C'est grâce à la golden week, LA semaine de vacances des japonais. A propos, les histoires entendues en Europe sur le fait que les japonais sont des accros au travail sont confirmées ici. J'avais demandé un jour à mon père d'accueil combien de jours de vacances il avait dans l'année et apparemment ma question semblaient compliquée. Peut être est-ce parce que le mot japonais pour "vacances" signifie repos et que pour les japonais le repos c'est le week-end. Donc en effet ça fait pas mal de jours... enfin... J'ai cru comprendre qu'à part les week-ends et les jours fériés - qui leur permettent de faire des ponts quand ils ont de la chance - il n'y a pas de semaines complètes de vacances.
Ah, pour surenchérir, même après la retraite ils doivent travailler. Ça laisse rêveur...

Enfin bon, profitant de ce jour nous sommes allés avec Frédéric avec la famille de Grégory pour assister à un festival à Nanao : Seihakusai. Durant cet événement d'énormes caisses à savon... chars... scène de théâtre... trucs sont tirés dans les rues de la ville. Il y avait trois de ces objets roulant non identifiés, chacun représentant un des quartiers de la ville (si j'ai bien compris), mais ce n'était pas une course.
En fait, ces chariots étaient auparavant tirés dans toute la ville mais, à cause des nombreux - euphémisme- câbles électriques aériens reliant les habitations, ils ne sont actuellement tirés que sur une boucle autour de la rivière. Ce qui reste tout à fait respectable.
Sur le parcours les engins doivent passer des ponts, sur ces ponts il y a une montée et une descente. Pour la montée ils n'ont pas vraiment d'autres solutions que de tirer comme des boeufs tandis que pour la descente ils n'ont pas vraiment d'autres solutions que de placer de grosses cales en bois devant les roues pour freiner l'énorme masse en mouvement. Ils ne doivent pas se rater parce que la carriole accélère sacrément vite et qu'il y a beaucoup de gens dans le chemin, et aussi des maisons, accessoirement.
Après le pont, les chars doivent effectuer un virage à 90°, pour cela les
"équipes" ont développé différentes stratégies. Soit ils tentent ce virage à l'aide de la cinquième roue du carrosse, pas si inutile que ça finalement. Soit ils prennent le virage large et essayent de ne pas écraser leur structure sur une des habitations jouxtant les rues de l'action.
Pour placer la roue supplémentaire ils doivent soulever le char (?), alors ils utilisent l'effet levier. Bon j'ai pas assez observé pour bien vous réexpliquer le principe...

Après avoir positionné la roue ils tirent pour faire pivoter l'engin, et ça marche !

Ah, vous avez pu observer que ce sont les femmes qui bossent alors que les hommes font du vent avec leur balai.

La stratégie avec le virage large est plutôt impressionnante puisque durant le mouvement du char les "conducteurs" doivent placer les cales de façons à réajuster la direction de l'engin.

A un moment, alors que je prenais tranquillement une photo, j'entends des cris qui allaient en s'amplifiant, je tourne la tête et je vois un char fonçant vers une des habitations, heureusement, grâce à une cale bien placée au dernier moment l'accident à été évité.

Peu après il s'est mis à pleuvoir de belle façon, alors on est parti pour faire le barbecue. Oui sous la pluie. Grâce à un peu d'improvisation et quelques éclaircies on tout de même a pu allumer les feux et faire griller quelques délicieux poissons et autres crustacés (!!!). C'était vraiment un festin !

Oh hisse   Oh hisse - bis   Ce n'est pas une course, mais ça aurait pu être marrant !  
         Avec toute la coquille Saint Jacques dans la bouche.

Aujourd'hui 11/05 c'est la fête des mères, aussi au Japon, alors bonne fête Maman !


Deuxième essai

27.04.2008 : Un festival réussi !

Dimanche il faisait beau mais je n'avais rien à faire... Heureusement, grâce à la proposition de Grégory je n'ai pas perdu ma journée en restant dans la maison. En effet, ce dimanche là, il y a eu un festival dans la ville. Oui, encore un festival, ici ça n'arrête pas, chaque semaine il y a un nouvelle raison de faire la fête, finalement leur cause n'est pas si désespérée.

Donc nous voilà arrivé au lieu dit avec, avec pour ma part une légère appréhension suite au précédent événement. Mais finalement, grâce à un accueil particulier, l'inquiétude est retombée. Là, outre des ours roses et bleus - photo sans effet éthylique -, nous attendait déambulait une foule plutôt réjouissante !

Dès que je suis arrivé dans la rue, on a parlé de moi, les filles étaient nues, elles se jettaient sur moi... Hum enfin pas tout à fait, elles dansaient en réalité, mais pour tout le monde. Au programme de ce festival, danses, danses et danses. Certaines sur une estrade, d'autres dans la rue. Je crois que ça devait être différentes troupes de danseurs qui se succédaient. Parfois on voyait que la chorégraphie était vraiment au point et que parfois moins. Parfois les étendards étaient élévés, parfois moins.

Après un rapide casse-croûte, qu'aucun rapace ne m'a volé, nous avons pu assister à l'apothéose : toutes les troupes réunies dans la même rues pour danser à l'unisson, les couleurs de chacunes flottant au loin, un grand moment.

Ensuite, pour finir en beauté, nous avons Grégory et moi, eu le droit à une interview... Je me demande encore comment ils ont su que nous n'étions pas du coin. A moins que mon accent d'Hokkaido ne m'ait trahi.

Fin de ce festival incontestablement très réussi !
J'ai mis pas mal de photos dans l'album.

Youpi ! La vie est belle ! Tout le monde tape dans ses mains !   Le pire c'est que le public était essentiellement composé d'adulte.   DES GENS !!!     
           
     


Boum Faya party in Japan

12.04.2008 :  ou, une autre notion de la fête...

Voilà, c'est fini, on a tant ressassé les mêmes théories... Oh ! je me trompe de chanson.
Alors, la semaine s'est achevée, ou aussi sous un autre point de vue, le week end est arrivé. Par suite, c'est l'occasion de découvrir un peu plus la ville ! Au programme : Festival (matsuri en japonais) au bord de l'Asano-gawa !

A priori, c'était censé être une grosse fête pour célébrer la fin des cerisiers en fleurs. Les stands étaient installés depuis notre arrivée pratiquement. Des militaires supervisaient la construction de ponts provisoires etc. Tout cela laissait pressentir une sacrée soirée (comme dirait Jean-Pierre). On s'était par conséquent donné rendez-vous avec Fred et Greg pour s'y rendre.

Petit détour par le Kenrokuen pour admirer les cerisiers, je ne m'en lasse pas. J'ai remis des photos dans la galerie. Comme vous pouvez le voir les fleurs commençaient leur fanaison, on dirait parfois de la neige rose, c'est joli. (Arf ma photo en panoramique ne passe pas Frown)

Ensuite, nous avons pu admirer les installations du festival... Sans faire le rabat-joie, c'était un peu décevant pour une ville de 400'000 habitants... Il y avait au total 15 petits stands pour manger ou boire et pas vraiment beaucoup de monde. En plus les jeunes de notre âge doivent se cacher, il doit y avoir un sous-sol secret réservé aux locaux dans lequel ils s'amusent tous.
A la suite de ce rapide tour d'horizon, nous avons pu assister à l'ouverture du festival. Il y a eu une série de discours, qui apparemment intéressaient beaucoup Greg. Ce qu'il y a de marrant avec ces discours, c'est que justement aucun ne l'est ! Personne dans la foule ne réagit, pas de rire, pas de sourire, RIEN ! Peut être qu'ils pleuraient tous la fin de la saison des cerisiers en fait, j'ai sûrement du rater un passage, ou deux.
Finalement les discours se terminent. Le rideau se lève et là apparaît l'orchestre. J'ai filmé un bout du concert mais il est trop gros pour que je puisse le mettre sur le blog, dommage c'était intéressant, encore une fois j'ai pu observer la différence entre ma culture et celle-ci.

Pendant le concert, nous nous sommes dirigé vers un stand où il était possible d'acheter une eau étrange qui se boit dans des pots de yaourt chauds. Ils appellent ceci du saka, saki, saku, ou sake. C'est pas vraiment bon, on aurait cru du Kirsch ou de la Voda chaude.. Ne voyant personne d'autre en consommer on s'est demandé si on passait encore pour les parfaits étrangers.
C'est certainement ce détail qui nous a démasqué et qui a attiré les GO d'un groupe mélangé de japonais et de gaijins, what else ? Nous avons pu parler un peu japonais ou anglais lorsque les fiches de discussions étaient épuisées. Puis ils sont partis se coucher, à 18h30... hum. Nous 3, braves que nous sommes, avons tenu bon et maintenu nos positions.
Nous avons ainsi pu admirer des dames en kimono, des demoiselles en uniformes, des cerisiers illuminés, des lampadaires, un spectre (?), et enfin : le feu d'artifice !!! (à 19h30)
Là encore, déception... Pas de projection en hauteur, seulement des trucs fixes à 2 mètres de haut maximum. Ou pire, des sponsors !
Mais ce n'est pas tout !!! Aussitôt le feu achevé, aussitôt la foule dispersée ! Pfui d'un coup d'un seul. Aussi, tous les stands ont fermés. Vous vous souvenez du sous-sol secret pour les gens de Kanazawa seulement, eh bien sans doute qu'ils y sont tous allés.

Fin du festival.