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Ichinen kan 日本 no ryokoo

千載一遇 - Senzai ichi guu - Une chance dans une vie

Voilà, en ce mardi 24 mars, le verdict est tombé. Alors que le Japon est dans une période de crise comme le pays n'en a pas vu depuis 25 ans. Les entreprises se serrent la ceinture, comme je l'ai dit précédemment, des solutions de dernier recours ont été mises en place : licenciement de intérimaires, mutation des employés en production, réduction de la production puisque pas de demande nulle part, quelle sera la prochaine étape ?

Après une série d'excuses plutôt compréhensible voilà que l'on m'annonce : "on ne peut pas t'engager». Je m'y attendais plus ou moins puisque depuis décembre la situation empire et semble ne pas s'améliorer. De là, je ressens deux sentiments. De la joie bien sûr, car je vais pouvoir revoir ma famille, mes amis, mais de la tristesse aussi, car une année c'est court et il reste encore tant et tant de choses à découvrir ici.
Mais voilà, cette situation me dépasse et je ne peux rien faire contre le courant. Comme diraient les japonais :
しようがない (shô ga nai). Ce qui signifie, "on ne peut rien y faire", une des expression favorites des japonais.

Cette année m'a permis de réaliser plusieurs choses sur le pays. Je dois d'ailleurs dire qu'avant de mettre un pied au pays du Soleil levant je n'avais pas la moindre connaissance de la galère dans laquelle je m'embarquais. Enfin, pas la moindre est bien sûr un bien grand mot, cependant je n'en connaissais pas long. J'avais surtout des idées reçues telles que : le Japon est le pays du poisson, des sushis, des karaoke, des mangas, des jeux vidéos, des heures supplémentaires, les japonais sont froids, etc.
Finalement :
- le poisson, je n'en ai pas mangé plus qu'en Bretagne, et de loin.
- le karaoke, j'ai du y mettre trois fois les pieds et je n'ai pas rencontré de japonais étant vraiment fan.
- les mangas ne sont qu'un équivalent des bandes dessinées.
- les jeux vidéos ne font pas plus d'adeptes chez les nippons que dans nos contrées. Les asociaux de la cour de récré sont aussi présents en Europe, scotchés sur leur Gameboy.
- les heures supplémentaires ne sont qu'une façon d'arrondir les fins de mois, mais ne rendent pas les salariés plus efficaces. Mais encore, en Suisse aussi les gens font des heures en plus, au bureau, ou chez eux.
- concernant la froideur des japonais, pas plus qu'ailleurs. La Suisse est un pays particulièrement froid humainement, peut être plus que le Japon lorsqu'on est étranger. De plus, les japonais se sont toujours intéressé (curiosité) à moi alors que j'étais seul, ou accompagné. Ce ne m'était jamais arrivé lors de mes voyages en Europe.
Au final, les japonais, bien que vivant de l'autre côté du globe, ne sont pas différents de vous et moi.
Cela peut paraître évident dit de cette façon, mais je suis sûr que certains en doutent.
Mon année s'est donc quasiment écoulée. Plus qu'une semaine avant de monter dans l'avion et dire au revoir au pays qui m'a accueilli. Il est temps pour moi de faire un bilan sur ce qui m'a plu ou non ici.
J'ai aimé :
  • La découverte. Le fait d'apprendre tous les jours quelque chose de nouveau, autant pour la langue, que pour la culture. C'est peut être ce qui me manquera le plus.
  • Faire des voyages presque tous les week-end. A une distance plus ou moins importante certes, mais un dépaysement souvent de la partie. Il me restera d'ailleurs un regret, celui de partir avant d'avoir pu profiter de la proximité de la Chine, de Taiwan, de la Corée, du Vietnam, etc. Destinations qui resteront classées dans la catégorie "quand tu auras du temps et de l'argent Clément".
  • Les japonaises... dont le charme ne m'a pas laissé de marbre. Serait-ce dû à leur mini-short, ou bien alors leur mini-jupes qui dévoilent leur jambes souvent superbes. Eté comme hiver. Ah ? Des yeux s'illuminent ?
  • Etre différent. Je ne dirai pas que d'être un étranger m'a facilité la vie parce que ce n'est pas vrai sur tous les points. Cette différence m'a plu parce que parfois/souvent les gens sont curieux, posent des questions, s'intéressent. Ce qui permet d'un côté de ne pas se sentir si seul. Au Japon il faut avouer que l'étranger est bien traité, et reste "spécial" (sens positif et négatif). Je vais retourner en Suisse et redevenir ordinaire, me fondre dans la masse cela ne m'enchante pas tellement.
  • Pouvoir me promener avec mon salaire mensuel (100'000 JPY) dans le porte-monnaie sans craindre quoique ce soit. En Suisse c'est à peine si j'osais prendre 100.- CHF sur moi.
  • Ne jamais m'être fait agresser verbalement ni autre pendant une année.
  • Pouvoir récupérer une carte de train coutant plus de la moitié d'un salaire alors qu'elle avait été perdue dans une ville de 2.48 Mio d'habitants.
  • La saison des érables rouges : 紅葉 (kôyô). Mais surtout les illuminations nocturnes de Kyoto lors ce cette saison. J'ai vraiment été soufflé par la beauté du spectacle offert par des arbres et leur feuilles colorées avec des tons et couleurs jamais observées auparavant dans la nature.
  • La nourriture japonaise. (Par contre je ne mentionnerai même pas la ration quotidienne du dortoir).
  • Parler japonais. Cela rejoint le premier point "la découverte". C'est un peu plus le fait de pouvoir communiquer et de sentir des capacités grandissantes qui était agréable. Je n'ai pas cette sensation en parlant anglais...
  • Les bains chauds, qui me replongent vers mon enfance à chaque fois que je m'y immerge.
Je n'ai pas aimé :
  • La solitude. Parce qu'au final je n'ai pas eu tant d'amis que ça. Les échanges ressemblait souvent à "- Tu viens d'où ?", "- De Suisse", "- Oh ! La Suisse ! J'aimerai y aller !". Je ne peux même pas chiffrer le nombre de fois que j'ai pu entendre cette phrase... Comme je l'ai dit, les japonais sont curieux, certes, mais de là à devenir ami, c'est une autre histoire.
  • Les repas au dortoir. Je n'ai rien contre manger du riz trois fois par jour. Mais encore faudrait-il qu'il ne ressemble pas à une bouillie prémâchée...
  • Devoir retenir son envie le plus longtemps possible pour éviter des trajets ennuyant vers les toilettes qui n'étaient pas dans ma chambre.
  • Marcher pied nu sur le tapis en poil de fer pour accéder à la douche. Vous savez, le genre de tapis qu'on utilise pour se nettoyer les chaussures boueuse. Sauf que pied nu...
  • Vivre comme un animal, surtout en hiver avec mes habits en guise de couvre-lit parce que le chauffage et l'isolation au Japon, ils ne connaissent pas.
  • Vivre comme un animal avec les habits suspendus au dessus de mon lit parce qu'ailleurs il n'y a pas de place.
  • Ne pas pouvoir parler japonais autant que je l'aurai aimé. A part avec quelques personnes je n'ai pas eu d'échanges réguliers, donc pas suffisamment de prise d'assurance dans la langue.
  • Qu'on me parle anglais avant d'essayer de me parler japonais. Je sais, c'est pour être poli, mais personnellement ça m'énervait.
  • Continuer de me parler anglais alors que je réponds en japonais. 
  • L'entreprise, parce que l'ambiance était vraiment pas agréable. J'ai eu un boulot intéressant depuis début janvier, mais à part ça...
Mon séjour touche donc à sa fin, j'espère pouvoir assister à la floraison des cerisiers avant mon retour. Les fleurs s'ouvrent un peu déjà mais ce n'est pas encore superbe. Je ne suis pas sûr d'avoir l'occasion d'écrire un nouvel article d'ici mon retour, en Suisse.
La semaine prochaine il me restera deux jours dans l'entreprise, une présentation de mon stage, une nomikai histoire de faire semblant d'être tous amis, puis trois jours pour essayer d'envoyer mes paquets en trop par bateau ou autre. Je vais aussi sûrement supprimer mon blog de la toile lorsque je serai en Suisse. Il n'aura en effet plus d'utilité. Si quelqu'un a quelque chose à y redire qu'il le dise maintenant ou qu'il se taise à jamais.

L'histoire d'un jour

C'est le genre d'article que j'aurai pu poster tout au début déjà, mais bon comme on dit, mieux vaut tard que jamais !

Je me suis dit ce w-e, après avoir parlé à un ami qui s'intéresse à ma vie au Japon (merci), que d'autres se posaient aussi la même question mais n'osaient pas demander quel parcours je me tape fais chaque jour ! Voici la réponse :


Agrandir le plan

En général c'est départ 6h55 du dortoir, arrivée 7h55 au bureau.
Retour 16h45 du bureau arrivée 18h00 au dortoir.

Vous pouvez zoom, zoom, zoomer pour mieux apprécier le paysage... enfin, regarder en tous cas.


Cotillons, serpentins et confetti. Youpi !

06.01.2008 : Périodes de fêtes au Japon

Bonne année chères lectrices et chers lecteurs !

Comme vous vous en êtes rendu compte j'ai malheureusement perdu un peu le rythme de mise à jour de mon blog. Le fait est que le temps me manque, car entre des repas entre amis et autres sorties ayant eu lieu durant tout le mois de décembre je n'ai pas pu me mettre devant mon ordinateur pour rédiger un nouvel article. Pourtant, une fois de plus, ce n'est pas les idées qui me manquent. Bien qu'étant maintenant depuis plus de 9 mois au Japon je ne cesse de découvrir des choses.

Je reprendrai le récit des vacances de novembre si possible un jour ou l'autre. Hélas plus le temps passe et plus cela devient difficile.

En attendant je vais vous parlez brièvement de Noël et du Nouvel An au Japon.

24.12.2008 au 25.12.2008 : Noël

Noël étant une fête originaire d'Europe, son importance est moindre au Japon. Quand je dis moindre je mesure mes mots. D'une part, le 24 et même le 25 ne sont pas des jours fériés pour le peuple nippon (mis à part le milieu scolaire). Ainsi, le 24 décembre on ne sent pas l'excitation crépiter dans l'air, on ne voit pas les regards qui brillent, les bouches qui salivent, les gens filant acheter les paquets manquants, etc.
Le 24 reste un jour comme les autres, un autre lundi au Soleil.

Les japonais qui n'ont personne avec qui fêter n'ont pas l'air de s'en soucier tellement ou alors ils cachent bien leur jeu. J'ai parlé le lendemain avec un des résidants au dortoir un peu plus ouvert que la moyenne, il m'a raconté qu'il s'était bu une bouteille de champagne dans sa chambre au dortoir... seul ... *Pop*... ... c'est la fêêêête !
Pour ceux qui sont parents, ils rentrent généralement plus tôt chez eux et restent en famille. Le lendemain ils ouvrent les cadeaux, ou plutôt ils regardent leurs enfants ouvrir leurs cadeaux parce qu'il n'y a pas l'air d'y avoir vraiment d'échanges. D'ailleurs, je pense que seul les enfants en dessous d'un certain âge ont le droit aux cadeaux mais peut être que je me trompe.
De mon côté j'ai pu éviter la routine train-boulot-dodo en allant manger avec des amis dans un très bon restaurant. Très bon c'est un euphémisme car entre amuse-bouches de saumon cru, demie-langouste sur une sauce au safran, viande de première qualité légèrement grillée, accompagnée de ses petites pommes de terres sautées, etc. vous pouvez imaginer que ce n'était pas un repas qu'on me sert dans mon dortoir !

Le 25 au matin, même histoire, personne ne se regarde, personne ne se parle. La première personne qui m'a souhaité de vive voix Joyeux Noël en cette matinée du 25 décembre c'est un étranger (i.e. non japonais) que je croise rapidement tous les matin en montant dans le train alors que lui en descend. Ah, en y réfléchissant c'est aussi la dernière car les suisses avaient pris des vacances...
(J'ai dit "de vive voix", j'entends de face à face, mais j'ai bien évidement aussi eu des appels téléphoniques et email, merci à ceux qui ont pensé à moi).

Qu'est ce que ça fait de travailler un 25 décembre ? Ben rien en fait... vu que tout le monde fait la même chose. En plus j'avais réellement quelque chose à faire, donc la journée est passée assez vite, avec même un peu de stress. Je dois quand même avouer que de ne pas être avec sa famille laisse un sentiment de manque. J'ai essayé de le combler en me chantant des chants de Noël passant en boucle durant cette période : "L'été s'ra chaud, l'été s'ra chaud" et autres incontournables.

Voilà, si vous ne connaissez pas le Noël nippon et que vous auriez eu envie de savoir comment cette grande fête familiale y est fêtée, maintenant vous savez. Qu'en est-il du nouvel an ?

31.12.2008 au 01.01.2009 : Réveillon et jour de l'An

Depuis plusieurs mois je tenais pour acquis que le passage de la nouvelle année était une fête bien plus célébrée que Noël au Japon. Eh bien, après avoir vécu un nouvel an nippon à 100% je peux vous dire que c'est vrai. Sauf que "plus célébrée" ne signifie pas que les gens boivent jusqu'à s'en rater les jambes rendre malade, hurlent dans les rues et s'endorment sur le macadam. "Plus célébrée" signifie que les japonais rentrent tous dans leur famille, qu'il leur faille parcourir 10 ou 1'000 km.

Le soir du 31 ils ont le choix entre rester devant la télévision regarder le foule grouillante dans les différents temples du pays, ou bien sortir de chez eux et rejoindre les autres sushi entassés dans ces lieux sacrés (N.B : on dit serré comme des sushi en japonais au lieu de comme des sardines). Là ils réalisent leur première prière de l'année : le hatsumōde. La pratique consiste à - comme tous les autres jours - jeter une pièce dans un bac, taper dans ses mains et sonner la cloche et faire un voeux s'ils sont dans un temple shinto, ou faire des prières silencieuses - après avoir acheté un bâton d'encens et jeté une pièce dans le bac - s'ils sont dans un temple bouddhique.

N'ayant pas de famille au Japon j'ai fait un autre programme de mon côté. Je ne pouvais pas rester au dortoir puisque d'une part plus personne n'y séjournait et d'autre part l'eau chaude de la douche était coupée et surtout parce que le dortoir c'est glauque de toutes façons.
Le 31 au soir j'ai choisi la solution : aller au temple. Malheureusement à 23h la foule était déjà agglutinée devant les portes fermées attendant 24h qu'elles s'ouvrent. J'ai attendu l'heure H. Puis soudain, les portes se sont ouvertes, des gens sont rentrés, la foule a applaudi et puis pouf, plus rien !
Des non-japonais ont tenté des poussées vocales, ont fait sauté des bouchons de champagnes mais les autres demeuraient calmes. Pas d'embrassades, d'accolades, ou autres contact humains...
Ma foi, c'est la culture qui veut ça, mais c'est une fois de plus un peu surprenant...

Je n'ai pas pu rentrer dans le temple le 1er janvier la foule étant réellement trop dense. Tant pis, et puis pas besoin de jeter trois pièces pour taper dans les mains et faire un voeux.

Pendant les premiers jours de la nouvelle année les japonais sont réunis en famille et mangent des bentō deluxe (osechi-ryōri), achetés hors de prix dans le supermarché du coin, ou préparés à l'avance pendant des heures et heures par la matriarche. Il semblerait que la préparation demande du temps et des ingrédients spéciaux ayant chacun un sens caché : des haricots symbolisant l'argent, des oeufs de poissons symbolisant la fertilité, etc.
J'ai eu la chance de pouvoir en manger et gratuitement, j'en suis content.

Encore une anecdocte concernant le réveillon. Pendant cette période on peut voir fleurir des stands à bonbons, snacks japonais, boissons, etc dans l'enceinte des temples. J'ai appris récemment que ces stands, qui sont les mêmes que ceux installés dans les festivals au Japon, sont en réalité tenus par les Yakuza (mafia japonaise). Ces derniers payent au temple l'emplacement puis l'argent tiré des bénéfices leur revient. Aucun des japonais à qui j'ai parlé de ce fait ne m'a démenti. Les yakuza sont donc bel et bien présents au Japon, et surtout partout présents ! Car ces stands se retrouvent dans n'importe festival nippon.
Bref, pas grand rapport avec l'ensemble de l'article ci-présent mais je trouvais amusant de le relever.

Sur ce, tous mes voeux pour 2009 !

Dans le calendrier japonais nous sommes actuellement dans l'année de la vache. Grasse ou maigre je n'en ai pas été informé mais espérons qu'après avoir achevé les mois sombres économiquement de 2008 de beaux jours reviendront bientôt en 2009.

23h la place est déjà bien cernée.   Zoom sur l'enceinte assiégée par la foule.   Il ne se passe rien...   Les portes ont été ouvertes, des gens sont rentrés, les forces de l'ordre sécurisent l'entrée.   Les gens rentrent ! Incroyable !   Claquements de mains,


Annonce aux lecteurs

Je n'ai pas encore eu le temps de rédiger l'article sur la semaine de vacances. Par contre j'ai réussi à finir le tri de mes photos ! Je vous laisse déjà les regarder dans l'album.

Tiens, j'ai une idée, vous regardez les photos et de là vous essayez d'imaginer par vous-mêmes quel a été le programme !
C'est une bonne idée n'est ce pas ? En plus ça m'économisera un autre samedi !


Le franponais

27.11.2008 : L'art des lettres étrangères au Japon

Je viens de découvrir un site vraiment marrant, je vous mets le lien ici pour que vous en jugiez par vous-mêmes.

J'avais bien évidemment remarqué depuis mon arrivée au Japon que le français est une langue souvent utilisée pour donner des noms aux magasins, restaurants, hôtels, etc. Cependant, les japonais ne connaissant que très rarement le français, les mots formés sont souvent très très comiques !
J'ai moi-même fait quelques photos sur ce sujet, je les mettrai sur le blog
à l'occasion, mais en attendant je crois que vous pouvez déjà regarder celles du site mis en lien car il y en a assez pour que vous teniez jusque là !

Non non, je n'essaye pas de gagner du temps sur la rédaction de ma semaine de vacances.
Il est vrai que cel
a prend du temps et je ne l'ai pas eu le week-end dernier. Mais ça viendra, ne vous inquiétez pas !