Nagasaki nous paraissait intéressant historiquement par rapport à l'histoire du gros monsieur dit : "Fat Man" qui, en l'espace d'un instant, a rasé un grosse partie de la ville, anéanti 75'000 sur 240'000 habitants et a infligé des années de souffrances aux survivants ainsi qu'aux générations suivantes.
Cependant, il s'est avéré que Nagasaki n'est pas seulement une ville intéressante pour cet événement du 9 août 1945. En effet, la ville a été, en 1571, le premier port du Japon permettant des échanges avec l'Europe. Ceci a apporté des modifications culturelles intéressantes qu'il n'est pas possible de voir dans les villes telles que Kyoto, etc. qui sont d'avantage dans les terres et qui n'ont donc pas été autant en contact avec l'Homme des pays extérieurs.
Je dis bien qu'il est possible de noter quelques différences mais la ville reste tout de même bien japonaise. Par exemple, à Nagasaki aussi les bars comme en Europe n'existent pas. Le mardi soir nous avons erré dans des rues plus ou moins glauques sans trouver autre chose que des "snack bars" (bars à hôtesses, pour discuter, ou plus selon l'établissement), des restaurants ou des izakayas. Finalement nous avons fini par retourner à l'hôtel et regarder le guide touristique, puis nous sommes allés dans un des bars conseillé. Ce dernier était, sans grande surprise, un endroit pour touristes, mais acceptable. Le mercredi nous avons essayé un deuxième bar conseillé mais il était pour le coup vraiment pour touristes, nous sommes retournés au premier où ce soir là l'ambiance était meilleure.
Après deux/trois jours la ville m'a laissé un très bonne impression. Quelques endroits sont plutôt plaisants et la ville est intéressante. Nous avons d'ailleurs fait beaucoup de visites. Tel que l'immanquable musée de la bombe qui, je dois l'avouer, m'a remué le coeur lors de la lecture des témoignages laissé par des rescapés. Ou encore l'ancien quartier hollandais, des temples chinois, etc.
Nous sommes parti le jeudi matin, après une dernière visite de temple (quelle surprise), pour la deuxième étape.

14.08.2008 - Kumamoto
Nous sommes arrivés à Kumamoto vers le début d'après midi, après un solide repas nous avons déposé nos bagages dans une consigne et sommes parti en direction du château de la ville. Nous avons pris plusieurs photos et après quelques heures nous sommes allés dormir dans notre premier minshuku. Un minshuku est une maison d'hôtes avec chambre de type japonaise (tatamis et futon), tenu par un couple, c'est assez bon marché. Il parait qu'en général il est possible de manger dans ces établissements cependant nous n'avons pas posé la question. Aussi, la chambre étant petite nous avons préféré manger dehors. Après le repas nous avons revêtis notre pyjama fourni par l'établissement et nous nous sommes couchés tôt en prévision de la longue journée nous attendant.
15.08.2008 - La folle ascension du mont Aso !
Ce matin là, vers 6h30 le réveil a retenti. Après nombreux grognements et étirements nous avons fini par nous lever puis partir à l'assaut du mont.
Vers les 10h nous sommes arrivés au village du nom d'Aso. De là, un bus nous a conduit jusqu'au magasin de souvenir du coin, qui sert aussi de point de départ pour un téléphérique reliant deux points ridiculement proches. Voyant cela d'une part et aussi que le peuple dans la beine était compressé comme des sushis dans un bentô nous avons préféré montrer qu'il était possible de faire le même chemin à pied !
Par suite, ce fût à la force du mollet nous avons fait quelques détours par-ci par-là avant d'arriver à l'attraction phare : le cratère ! C'est là que les japonais vont, et pour la plupart c'est la seule chose qu'ils voient. Ils arrivent par le téléphérique ou par la voiture qu'ils ont garé 10 mètres à côté, vont vers le cratère fumant, prennent leur photo, achètent leur okashi souvenir et redescendent. Mais n'ayant pas fait toute cette route pour rien, Frédéric et moi-même avons eu la très bonne idée de faire une balade supplémentaire autour de cet impressionnant cratère. A propos c'était ma toute première fois, oui ma toute première fois que je pouvais en contempler un, alors autant faire durer le plaisir.
Alors que nous marquions une courte pause afin de faire une photo et s'hydrater le goulot, voilà t'y pas qu'un individu à lunettes monte vers nous par le seul et unique chemin ascendant. Lors de son approche, ma fantastique mémoire visuelle ... ah, je reviens, mes chaussettes viennent de craquer ... ma fantastique mémoire disais-je, m'a fait penser que ce personnage m'était déjà apparu. Cependant, à cause de son début de discussion dans un anglais sans accent parasite mon impression est retournée d'où elle venait - pour autant qu'il y ait une place pour les impressions.
Après quelques échanges banals il s'est avéré que celle-là était bonne ! Je l'avais déjà vu ce gars là, et vous savez où ??? Ben non, vous ne savez pas. Ok, ok, je vais vous le dire : à l'EPFL ! OUI A L'EPFL !
Romain de son prénom est de la même volée de diplômés que moi, ce dernier était dans la section électricité et nous avions quelques cours en commun à l'époque. Il venait au Japon pour faire un voyage en solitaire avant de commencer son travail en Suisse. Je ne le connaissais que de vue. Une rencontre plus qu'improbable qui renforce l'expression : "le monde est petit".
Nous avons donc continué la balade à trois.
Encore aujourd'hui, je crois que mon meilleur souvenir de ce voyage à Kyushu est le mont Aso et les paysages que j'ai pu admirer sur les crêtes du Nakadake. D'autant plus que les gaz sulfurisés rejetés par le volcan resteront imprégnés dans mes poumons.
Nous sommes redescendu par un autre chemin que celui emprunté pour la montée. Malheureusement, à cet endroit, il n'y avait pas de bus pour nous transporter vers la gare du village d'Aso. Après avoir savouré une glace bien méritée nous avons entrepris de descendre une route en espérant arriver à Miyaji (à l'Est d'Aso) avant que le tonnerre qui grondait alors n'éclate et ne déverse sa pluie sur nous.
Plus nous marchions et plus la fréquence des grondements augmentait. Nous avons donc tenté le tout pour le tout : faire du stop ! Après plusieurs essais infructueux, une voiture s'arrête enfin. Après les plusieurs grosses voitures quasi-vides étant passées sans ralentir voici que c'est celle de quatre jeunes japonais sur-motivés qui nous est proposée pour nous déposer.
Nous avons bien sûr accepté.
Apparemment l'aventure pour ces jeunes était aussi extraordinaire. A l'arrivée nous avons eu le droit à la photo de groupe, puis à des "bai bai" (bye bye) répétés jusqu'à ce que la voiture ne deviennent qu'un point à l'horizon.
Ces émotions, mais surtout 5h de marche, nous ayant creusées l'appétit, nous sommes allés vers un restaurant d'Aso. Ce n'est qu'une fois installé que la pluie s'est mise à tomber comme vache qui pisse à verse. Nous avons évité une sacrée douche. Pour fêter ça, nous avons arrosé notre repas à la bière, la boisson des sportifs.
A la fin du repas, le temps ayant passé bien vite, nous avons fourni le dernier effort de la journée en courant vers la gare. Malgré un détour du à une perte du sens de l'orientation nous avons, Frédéric et moi, réussi à attraper le train de justesse. Romain restait à Aso pour continuer sa route de son côté. Comme dirait un célèbre indien du XXième siècle : "Chacun sa route. Chacun son chemin. Passe le message à ton voisin".
En arrivant à Kumamoto pour passer la nuit nous avons pu admirer nos coups de soleil respectifs.. Oui, j'ai eu mal.. Maintenant je pèle, les japonais font semblant de pas voir que j'ai des lambeaux qui se détachent du front. La lotion japonaise pour après coups de soleil ne m'a servi à rien, la Biafine m'a manquée..


16.08.2008 - 17.08.2008 - Fukuoka/Hakata
Avant de partir pour notre dernière ville nous sommes allés visiter le jardin de Suizenji à Kumamoto... On aurait pu s'en passer car finalement il ne valait pas tant le détour.
Fukuoka/Hakata, une ville, deux noms. Hakata c'est pour la gare du shinkansen, Fukuoka c'est pour le reste. D'après mon guide cette ville est issue de la fusion entre les deux. Pourquoi les deux noms sont restés ? Je ne sais pas...
Nous n'avions pas grand chose à voir dans cette ville en réalité. J'avais mal lu le guide, peut être que mes yeux se sont focalisés sur la réputation des ramens (sortes de nouilles dans un bouillon) de Fukuoka, censées être les meilleures du Japon, ou alors sur le passage mentionnant que les filles de Hakata sont les plus belles du pays.
Nous avons donc fait un tour du grand complexe commercial de la ville, et comme c'était la seule activité de la ville nous nous sommes perdus dans une salle obscure pour voir un sombre film (américain) dont je ne citerai pas le nom pour ne pas lui faire de publicité.
Enfin, nous sommes allés manger des ramens ! Ouais ! Mon guide ne mentait pas, les ramens de Fukuoka étaient VRAIMENT excellentes. C'était aussi la première fois que j'ai pu manger en terrasse au Japon.
Après avoir fini notre bol, un grand-père japonais nous a complimenté sur notre façon d'apprécier la nourriture de sa ville. Puis sa famille l'a rejoint et ils se sont assis à la même table que nous. C'était encore une bonne expérience et de bons souvenirs.
Sinon, par rapport à la vie nocturne de Fukuoka, eh bien là encore une surprise, cette ville est bien vivante !
Le lendemain nous avons conclus notre séjour en ville par la visite de deux temples (oui, encore), puis nous sommes allés prendre le shinkansen. Nous étions dans la gare à 13h et on espérait prendre le train de 13h30. C'était sans savoir que le dimanche de la fin des vacances communes à la plupart des japonais, tous ceux qui ne sont plus en vacances rentrent dans leur contrée respective ! Ainsi, à 15h30 nous avons enfin pu entrer dans le train nous ramenant à bon port ... euh, bonne gare.
