La grande vadrouille
12.02.2009 : Fuite à l'Ouest
Vous savez sûrement que depuis un certain moment déjà l'économie ne va pas tip top. Le Japon n'est pas épargné. Beaucoup de grosses compagnies japonaises (Panasonic, Sony, Nissan, etc.) licencient à tour de bras. Certaines poussent leurs employés à acheter leurs produits (Sharp), d'autres essayent de sauver quelques pièces par ci par là.
Chez JTEKT non plus ce n'est pas la joie, une des solutions trouvée est d'interdire les heures supplémentaires, puisqu'elles sont payées. Une autre solution est de licencier le personnel qui travaille à mi-temps dans la production et de les remplacer par les jeunes ingénieurs. Ou encore de fermer l'entreprise un jour en semaine. C'est ainsi, que grâce à cette crise mondiale, j'ai pu gagner un vendredi de congé forcé et par suite, un week-end de trois jours ! (Le bonheur des uns fait le malheur des autres, et vice et versa).
Ayant appris la nouvelle une semaine en avance j'ai pu agir en conséquence en choisissant de voyager un peu loin dans le Japon ! N'ayant pas vraiment l'occasion de faire en règle générale j'ai pensé que ce serai l'occasion où jamais.
J'avais en tête depuis longtemps déjà de me rendre à Hiroshima, ville qui vous évoquera sans doute quelque chose... Oui vous avez deviné : les okonomiyaki !
Ah non ? Vous ne pensiez pas à la spécialité culinaire locale ?
Je dois être obsédé par la nourriture à force de ne pas voir de plats appétissants durant la semaine... Heureusement que le week-end existe d'ailleurs ! Mais là est un autre sujet.
Bref, l'autre point célèbre de Hiroshima est bien évidement l'évènement du 6 août 1945.
Les bons élèves se souviendront certainement que je m'étais rendu à Nagasaki en été avec Frédéric. La visite de Hiroshima pourrait donc paraître superflue car redondante, mais en réalité les deux villes sont belles et bien différentes. Donc rassurez-vous, je n'ai pas perdu mon temps !
D'autant plus que j'ai pu manger un okonomiyaki de Hiroshima.
Ainsi, après avoir fini ma semaine sur un jeudi, je suis rentré chez moi faire mes derniers préparatifs et me rendre à la gare routière d'Osaka pour prendre mon bus de nuit !
13.02.2009 : Première lueur du jour, première visite
Le bus a quitté Osaka à 23h00 et est arrivé quelques 7h plus tard à destination. Pas la peine de vous dire qu'à 6h du matin il n'y pas pas grande agitation, que rien n'est ouvert, qu'il fait froid, nuit, et qu'on se sent un peu perdu.
J'ai tenté pendant 30 minutes de trouver un endroit ouvert pour attendre que le soleil se lève. En vain.
Après avoir fait trois allers-retours dans la même rue, visiblement endormie, j'ai commencé à prendre mes repères ainsi qu'une résolution : partir en quête du parc de la paix à quelques pas de là.
Après quelques minutes je suis arrivé devant le Dôme de la Bombe A au-dessus duquel à eu lieu l'explosion de la première bombe atomique ayant pour cible des êtres humains. En réalité l'hypocentre de l'explosion a eu lieu à quelques pas de là, enfin quelques battements d'ailes de papillon plus loin. Ce bâtiment a donc miraculeusement survécu au soufflle qui n'a au contraire pas épargné tous les autres volumes érigés dans un rayon de 500 mètres autour de l'explosion. Ce même souffle qui a instantanément pris l'âme de dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants présents dans cette surface.
Lors de mon passage à Hiroshima, et jusqu'à je-ne-sais-plus-quand-exactement le dôme est inspecté en vue de tremblement de terre. Il était donc entouré d'une armature métallique et d'un voile blanc n'ayant aucune symbolique spirituelle.
Le jour s'étant déjà bien installé j'ai poursuivi vers le parc du Mémorial de la paix dans lequel des monuments commémoratifs sont placés ci et là. J'ai commencé par voir le Monument des enfants pour la paix, puis la Flamme de la paix alignée avec le cénotaphe qui contient le nom de toutes les victimes connues de la bombe. En me retournant j'ai pu me rendre compte que ces deux monuments susmentionnés était parfaitement alignés avec le dôme de la bombe A. Plus intéressant encore était d'observer le ballet matinal et sûrement journalier, de nombreux citoyens de Hiroshima : grand-mères, joggeurs d'âge moyen, etc, venant s'incliner pieusement devant le cénotaphe.
J'ai ensuite visité les musées environnants, i.e. le musée de la Bombe A, le Mémorial National de la Paix pour les victimes de la bombe atomique d'Hiroshima (pfou pfou pfou ça c'est du nom). Le premier était assez intéressant, quoique j'ai trouvé que le côté dramatique était un peu trop appuyé. Bien sûr que l'atomisation d'Hiroshima est un événement dramatique mais il y a façon et façon de le faire comprendre...
Il y a une exposition particulièrement intéressante dans ce musée. En effet, depuis le 9 septembre 1968, les maires de Hiroshima envoient des lettres de protestation aux dirigeants nationaux ayant ordonné la réalisation d'essais nucléaires. J'ai bien sûr cherché ceux de 1995... Oui, M. Chirac (ainsi que son ambassadeur au Japon Jean-Bernard Ouvrieu) a donc eu lui aussi droit à ces lettres. Cocorico.
Après cette visite riche aussi bien en intérêt qu'en émotions j'ai décidé qu'il était l'heure de manger quelque chose de riche en apport nutritionnel. Je me suis donc rendu dans le quartier d'Okonomi-mura pour manger un okonomiyaki, sorte de galette de pates, oeuf, chou râpé, etc. Bref, un repas complet. Osaka a aussi ce plat comme spécialité, la préparation est quelque peu différente.
Le ventre bien rempli j'ai parcouru la ville pour trouver d'autres sites intéressants. Le musée d'art contemporain ne m'a pas vraiment attiré, le musée du manga non plus, surtout qu'avec un rapide coup d'oeil je me suis rendu compte que l'appellation "bibliothèque" aurait été plus appropriée. Je suis donc allé me reposer et finir ma journée de touriste dans mon hôtel, juste à temps pour éviter la grosse averse qui a duré toute la soirée.
14.02.2009 : Visite cunilaire
Samedi matin, j'étais motivé pour me rendre sur l'île de Miyajima au Sud de la ville. Cette île est surtout célèbre pour son torii baignant les pieds dans la mer. Comme le temps était clément, la motivation l'accompagnait, le Clément.
Je suis parti sans manger histoire de gagner du temps et j'avais comme objectif d'économiser pour manger à Miyajima même. J'avais lu la veille qu'un festival avait lieu sur l'île : le festival des huîtres ! La saison venant de commencer, les citoyens de Miyajima se devaient de fêter l'événement. J'étais impatient de m'y rendre et de me remplir la panse.
Ainsi, après un voyage en tram puis ferry je suis arrivé vers 9h00 sur la place centrale de l'île. Là, la foule était déjà présente pour déguster les huîtres à moindre prix. Les touristes étaient alignés selon des files stratégiques, certaines menant aux huîtres en okonomiyaki, d'autres aux huîtres en soupe, aux huîtres crues, etc. J'ai rejoins la plus longue qui menait aux huitres grillées !
L'estomac vide criait famine et mes babines salivaient déjà de ce premier goût qui allait parvenir sur mes papilles. Je salivais d'autant plus que l'ouverture de la grande bouffe débutait à 10h précise, ce qui me laissait donc une heure pour prendre mon mal en patience.
De 9h à 10h quelques "attractions" ont eu lieu, la foule avait l'air de s'en contre-faire et ce jusqu'à ce que la distribution de saké soit annoncée. Là tous les adultes ont quitté avec précipitation leur poste, laissant leurs enfants garder leur place dans la file pour se procurer un gobelet du précieux nectar. N'ayant personnellement pas d'enfants (eh non) j'ai regardé la scène un peu dépité. D'un autre côté, j'avais l'estomac vide donc ce n'est pas plus mal que ce soit passé ainsi.
Finalement l'heure H a sonné, j'ai enfin pu voir de près les bêtes. N'opposant pas grande résistance j'ai sorti mon repas de sa coquille, l'ai piqué avec un cure dent fourni en cadeau avec l'assiette et j'ai dégusté mes premières huîtres cuites au BBQ de ma vie. Verdict : c'est excellent !
Autant les huîtres crues que j'ai pu manger en France ne m'ont jamais convaincues, autant les huîtres préparés sur un grill m'ont instantanément séduites.
Je n'ai pas refait la queue pour une ration supplémentaire voyant le monde qui continuait de s'aligner. J'ai préféré gouter d'autres spécialités plus accessibles. Je me suis là encore régalé.
Mis à part les stands proposant des huîtres arrangées à différentes sauces le festival ne vaut pas la fête du Thon d'Etel. Ici, pas chars fleuris, pas d'élection de la miss des huîtres, pas de chanteurs oubliés et à oublier de fond de bar. Ici, juste de la nourriture à consommer sur place ou à se faire livrer.
En vérité, il y avait bien une scène sur laquelle une activité semblait avoir lieu, mais personne ne semblait y prêter attention...
N'ayant pas oublié que le festival n'était qu'un bonus pour ma visite, j'ai laissé les stands de côté et je me suis dirigé vers le sanctuaire Itsukushima et j'ai enfin pu immortaliser le torii correspondant. Le torii ainsi que le sanctuaire ont été bati sur l'eau, étant présent durant la marée haute le spectacle était plutôt réjouissant.
J'ai décidé de prendre de la hauteur en faisant l'ascension du mont Misen (530 m). La pente grimpait sec et la température n'était pas du tout hivernale. J'ai donc rapidement ôté ma chaude et épaisse veste d'hiver pour être plus à l'aise. Une heure de marche m'a suffit pour atteindre le sommet, 30 minutes pour regarder le panorama et 40 minutes par un autre chemin pour redescendre. J'ai visité un peu plus le reste de la ville puis j'ai repris le chemin pour l'hôtel.
15.02.2009 : Dernière visite
Je n'avais plus grand chose à faire dimanche. En effet, Hiroshima peut facilement être visité en une journée, il me restait plus qu'un site qui m'intéressait et que j'avais délibérément laissé pour le dimanche : le château de Hiroshima.
Vu que le château est proche du point d'explosion de la bombe il a été lui aussi complètement rasé en 1945. Par suite, le bâtiment est rénové, intérieur en béton, comme le château d'Osaka et comme d'habitude, une tour d'où l'on peut admirer le panorama. Je dis admirer parce que comme pour tous les châteaux que j'ai vu jusqu'à lors ce dernier est lui aussi encerclé par des immeubles inesthétiques, par conséquent le panorama...
J'ai ensuite passé le temps jusqu'à l'heure de prendre mon bus retour, de jour cette fois. Puis j'ai quitté Hiroshima, heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage.
-
23 Février 2009 à 21:51 dans
- Voyages voyages










