Week-end capital(e) - partie 1
31.01.2009 : Mer nourricière
Samedi dernier, j'ai été envoyé en mission et quelle mission les amis ! Le challenge était de taille, j'ai du aller présenter le travail que j'ai effectué durant mon stage au Japon ! Eh oui, je vous avais prévenu, pas de la tarte.
Je me suis donc rendu à Saitama - aux environs de Tokyo - pour discuter des 7 mois chez JTEKT avec le professeur japonais m'ayant permis de venir ici. J'ai eu la chance que l'entreprise me paye le voyage : shinkansen aller-retour et une nuit d'hôtel (budget limité quand même).
Je suis donc parti le vendredi soir après le travail pour arriver à 21h à Tokyo, rapide le shinkansen. J'avais réservé un d'hôtel à Shimbashi, un quartier pour salaryman à Tokyo. Il ne m'a fallu qu'un instant pour me rendre compte qu'en effet ce quartier rassemblait toute la crème des travailleurs exténués par une semaine de travail nippon. En sortant de la gare de Shimbashi j'ai croisé bon nombre de costumes-cravates tanguant d'un pied sur l'autre. Je crois d'ailleurs que 95% des personnes croisées étaient des hommes. C'est pourquoi, j'ai été sur le coup assez surpris de croiser trois femmes sur un trottoir mal éclairé. D'autant plus surpris que l'une m'a souri, sourire que j'ai rendu, innocent, l'autre m'a semblé vouloir essayer de communiquer mais la voix était trop faible pour que je comprenne et la troisième m'a proposé un massage. N'ayant pas mal au dos j'ai refusé son offre. Je suis finalement arrivé dans mon hôtel après avoir évité, tel Ulysse (31), de tomber dans les pièges dressés par les sirènes.
J'avais planifié de me coucher rapidement et de me réveiller le lendemain à l'aube (4h30) afin de visiter le célèbre marché aux poissons de Tsukiji. J'avais alors quelques craintes quant à savoir si le marché serait ouvert ou non aux visites car, suite à des visiteurs vraiment pas intelligents, l'accès aux non-professionnels avait été interdit.
Le lendemain, j'attendais que mon réveil sonne dans un état de demi-éveil mais le seul son que j'entendais alors était celui de la pluie qui semblait vouloir casser le vasistas au dessus de ma tête. Puis, sans doute alerté par mon horloge interne, je me suis demandé quelle heure il pouvait bien être. Après vérification j'ai pu constater que mon pressentiment était justifié, se lever tous les matins à 6h est un bon entrainement pour approximer une heure. Car oui, il était effectivement 6h ! Au lieu de 4h30...
D'un bond d'un seul j'ai enfilé mon caleçon sur la tête et mes chaussettes sur les mains pour partir à l'aventure dans l'humidité matinale.
Humidité c'était peu dire. En franchissant le seuil de l'hôtel j'ai vite compris que la pluie s'était mise en collaboration avec des rafales tempétueuses dans le seul et unique but de me transformer en éponge humaine en un temps record. Pour cela, tous les moyens étaient bon, arrachage de parapluie, rafale ascendante, etc, afin que la pluie m'atteigne d'une façon ou d'une autre au visage.
Bref, après cette course effrénée je suis arrivé sain, sauf et surtout trempé au marché aux poissons, rien de tel pour se fondre dans la masse !
Je me suis de suite dirigé vers le fond de l'immense halle pour retrouver les maguro (thons rouges). Malheureusement un peu en retard (6h20), l'ambiance dans cette partie était déjà en train de retomber. La criée s'était plus ou moins tue. Il restait heureusement encore quelques thons survivants, ou plutôt congelés.
Je n'ai pas regretté d'avoir fait tout ce chemin pour assister à ce spectacle. J'ai pu faire quelques photos tout en évitant des chariots lancés à toute berzingue qui eux n'essayent pas vraiment de contourner les obstacles.
L'ambiance fait penser aux manèges d'auto-tamponneuses. Les conducteurs semblent foncer les uns sur les autres avec leur bolides chargés à bloc, puis s'évitent; tout ça dans une rue encombrée, avec des piétons, des cageots et des poissons.
Je me suis ensuite dirigé dans la deuxième partie du marché dans laquelle les produits de la mer sont vendus au restaurateurs et autres revendeurs. Dans cette partie, une multitude de petits stands non différenciables les uns des autres sont agglutinés. Ici le spécialiste du coquillage, là le pro du crabe, là-bas Bouba-Gump le roi de la crevette. J'ai pu assister à une scène, ou même plusieurs, qui auraient donné une attaque cardiaque aux membres de la SPA, PETA, et autres associations protectrices des animaux.
Pour vous résumer la scène : tout d'abord, dans un coin un peu délaissé se trouve une caisse pleine d'eau, dans cette caisse se trouvent des poissons et des beaux. Soudain une main surgit vers coin finalement pas si délaissé, la main prend un poisson, le pose sur une planche en bois, une autre main armée d'une lame apparait et :
- lui fend la queue,
- lui tranche les ouïes,
Puis, un coup de karcher dans les entrailles et HOP, sur le tas, comme les autres.
Apparemment les poissons auraient conscience de leur mort prochainement puisqu'ils s'agitent tant dans leur étroite bassine qu'il en faudrait peu pour qu'ils puissent s'en échapper, mais à quoi bon.
Sur ces images fortes j'ai pris le chemin retour vers l'hôtel où j'ai pu enlever mes chaussettes imbibées et faire une sieste avant la deuxième étape de la journée : présentation bidon à l'université de Saitama !
Bon pour la peine je vous passe les détails car il n'y avait pas grand chose d'exceptionnel. L'université était vieille, moche et vide. Les escaliers, murs et dallages étaient similaires à ceux de mon dortoir.
Sinon, c'était surtout l'occasion de revoir Frédéric et Grégory et d'aller boire un verre avec eux à la fin de la journée !
Je raconterai la journée de dimanche riche en découvertes tokyoïtes plus tard, d'ici là, vous pouvez aller voir les photos de Tsukiji (+ en bonus Saitama).
(Le site me mélange à chaque fois la chronologie des photos c'est rageant).
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09 Février 2009 à 18:00 dans
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