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Ichinen kan 日本 no ryokoo

Suprise samedi

23.08.2008 : Mais où suis-je ?

Ce matin, vers 10h30, alors que je me reposais encore, j'entends une sonnerie dans les couloirs. Puis une voix. Je ne fais aucun effort pour essayer comprendre sachant que d'une part mes chances de saisir quelques bribes d'explications  étaient moindres et que d'autre part mon oreiller rappelait mes oreilles près de lui.

Ainsi, après quelques minutes de monologue je me rendors en me disant que c'était quand même bizarre que le facteur vienne réveiller tout le monde un samedi matin.

Puis, 30 minutes plus tard, le revoilà ce satané facteur ! Non-content d'avoir déjà effectué une première prestation, il en remet une couche ! Et ce, plus fort ! Ensuite, parce que personne ne venait lui ouvrir, il s'est mis à sonner comme un sourd.

Au bout d'un petit moment, mon cerveau, travaillant encore au ralenti (oui à 11h), me dit que cette sonnerie n'est pas commune et ordonne à mes jambes d'opérer un déplacement vers le couloir pour s'assurer qu'il n'y ait rien.

Je m'habille rapidement et j'ouvre la porte. Je vois un gars qui passe avec un extincteur, puis d'autres qui sortent gentiment par la porte réservée aux sorties d'urgences. Quelqu'un me repère et me dit "rapulapulamétakayalé", enfin ... un truc du genre. Bref, vu la motivation de tout le monde pour sortir je me dis que c'est sûrement un exercice en cas d'incendie.

Ne pouvant plus me cacher je suis le mouvement. Après un petit tour par l'extérieur nous rejoignons l'entrée principale où nous devons nous diviser en petits groupes, ici les gens d'higashi, là ceux de naka, etc. C'était donc bien un exercice. Pendant 30 minutes des gens ont fait des discours. Nous avons aussi eu le droit à une démonstration sur comment éteindre un feu. C'était très instructif ... Je blague bien sûr.

Bref, après ce réveil surprise nous avons pu rejoindre nos chambres jusqu'à 12h, heure à laquelle aura lieu la fête (non-obligatoire) de bienvenue aux nouvelles recrues de JTEKT. Incroyable n'est ce pas ? Une fête ! Dans le dortoir !


Je me suis donc rendu dans le réfectoire où les organisateurs avaient rangé toutes les tables, chaises et avaient posé des bâches, boissons et nourritures sur le sol. Un pique-nique en intérieur en bref.
C'était assez sympa et très inattendu. Il y a certainement eu une annonce au préalable mais j'ai du passer à côté à ce moment là.

Mis à part manger et boire nous avons eu des jeux.
Le premier demandait à assembler le plus rapidement possible un roulement à bille. Oui, il ne faut pas oublier que nous sommes dans une entreprise spécialisée dans ce domaine.
Ensuite le deuxième consistait à placer deux équipes de 4 personnes face à face et d'apporter à chacunes quatre choux à la crème (un par personne). Sur les quatre choux d'une équipe, un était piégé, au lieu d'être fourré à la crème il y avait du wasabi - pour ceux qui ne connaissent pas le wasabi est un condiment japonais très fort. Devinez qui de mon équipe à eu le choux piégé ? Chaque équipe devait trouver qui de l'équipe adverse avait mangé le choux à la crème verte. Ce n'était pas si facile.
Le dernier jeu était le Bingo ! Si si c'est vrai ! Chacun à eu le droit à son petit ou très beau cadeau. Personnellement c'était un petit cadeau, j'ai reçu un million de yens ... mais factice. D'autres ont eu le droit à un slip rouge inspiré des sous-vêtements japonais de l'époque Edo, des produits pour le ménages, ou différents jouets pour enfants, ou adultes.
Finalement nous avons tout rangé une fois le Bingo terminé.

Encore une fois c'était une bonne surprise. Décidément je n'ai pas fini d'en apprendre sur le Japon !


Voyages voyages !

20.08.2008 : A l'Aso de Kyushu

Comme vous le savez déjà, la semaine passée, du vendredi 9 août au dimanche 17 du même mois j'ai eu ma première semaine de vacances (obligatoires). Les photos peuvent être vues ici.

Je crois que depuis début juillet nous - Frédéric, Grégory et moi-même - parlions de ce voyage. Cependant, s'entendre à trois sur une destination ce n'était pas si simple, d'autant plus lorsque 500 km nous séparent les uns des autres, enfin surtout moi des deux autres puisque je suis vers Osaka et eux vers Tokyo. Nous avions opté pour Kyushu en passant par Hiroshima. Finalement Grégory s'est retiré et nous avons du remanier un peu les objectifs. Nous avons radié mis de côté Hiroshima (hum), et nous avons choisi quatre différents lieux sur la belle île de Kyushu : Nagasaki, Kumamoto, la région du mont Aso et enfin Fukuoka/Hakata.
Ces trois derniers noms ne vous disent rien ? Pas étonnant. Je dois dire qu'avant de venir au Japon je ne les connaissais pas non plus...
Mais alors pourquoi diantre avons-nous choisi ces destinations ? 


Agrandir le plan

Patience, patience...

Le mardi 12 je devais retrouver Frédéric dans le nozomi 9 partant de Tokyo et s'arrêtant à Shin-Osaka (au nord d'Osaka), Shin-Kobe, Hiroshima, d'autres villes et finalement terminus à Fukuoka/Hakata. J'avais prévu d'arriver 30 minutes avant que le shinkansen - le TGV made in Japan - n'entre en gare de Shin-Osaka, histoire d'espérer pouvoir m'asseoir dans ce fameux train. Eh bien j'avais eu une sacrée bonne idée ! Je suis rentré le premier dans mon wagon et j'ai pris d'assaut la première place en vue !


Ah, je dois maintenant expliquer un point sur la façon de voyager à la japonaise, pour que vous compreniez pourquoi cette première aventure fut un exploit.
Au Japon il est possible de prendre plusieurs types de billets de train, les billets avec siège réservé, les billets avec siège non-réservé. Le prix des uns est légèrement plus élevé que le celui des autres mais il assure une place assise. Dans l'autre cas, le billet est valable pendant 12 jours par exemple et il permet de prendre n'importe quel train (correspondant au trajet payé) tout en ajoutant une part de suspense quant à savoir si son séant sera confortablement installé ou s'il faudra rester debout pendant son déplacement.
Le billet avec siège réservé est particulièrement adapté lorsque l'on sait que la période du voyage est inclus dans les vacances nationales (obligatoires (tiens, il y a de l'écho)) et que le Japon est un pays de pas moins de 127,4 millions d'habitants. Cependant, pour avoir la chance de pouvoir acheter un tel billet il faut s'y prendre tôt, très tôt... Un japonais s'y prendrait un mois ou deux avant. Un européen, lui, 1 semaine avant.
Nous n'avions donc pas de réservations faites à l'avance mais beaucoup de chance. En effet, tous deux avons réussi à nous asseoir pour nos 2h30 de voyage en partance de Shin-Osaka. Un exploit je vous disais.


Bref, nous sommes bien arrivés à Fukuoka/Hakata vers 12h45, mais cette ville étant la dernière de notre programme nous avons pris une correspondance pour Nagasaki nous faisant finalement arriver environ 3 heures plus tard.

12.08.2008 - 13.08.2008 - Nagasaki

Nagasaki nous paraissait intéressant historiquement par rapport à l'histoire du gros monsieur dit : "Fat Man" qui, en l'espace d'un instant, a rasé un grosse partie de la ville, anéanti 75'000 sur 240'000 habitants et a infligé des années de souffrances aux survivants ainsi qu'aux générations suivantes.
Cependant, il s'est avéré que Nagasaki n'est pas seulement une ville intéressante pour cet événement du 9 août 1945. En effet, la ville a été, en 1571, le premier port du Japon permettant des échanges avec l'Europe. Ceci a apporté des modifications culturelles intéressantes qu'il n'est pas possible de voir dans les villes telles que Kyoto, etc. qui sont d'avantage dans les terres et qui n'ont donc pas été autant en contact avec l'Homme des pays extérieurs.

Je dis bien qu'il est possible de noter quelques différences mais la ville reste tout de même bien japonaise. Par exemple, à Nagasaki aussi les bars comme en Europe n'existent pas. Le mardi soir nous avons erré dans des rues plus ou moins glauques sans trouver autre chose que des "snack bars" (bars à hôtesses, pour discuter, ou plus selon l'établissement), des restaurants ou des izakayas. Finalement nous avons fini par retourner à l'hôtel et regarder le guide touristique, puis nous sommes allés dans un des bars conseillé. Ce dernier était, sans grande surprise, un endroit pour touristes, mais acceptable. Le mercredi nous avons essayé un deuxième bar conseillé mais il était pour le coup vraiment pour touristes, nous sommes retournés au premier où ce soir là l'ambiance était meilleure.

Après deux/trois jours la ville m'a laissé un très bonne impression. Quelques endroits sont plutôt plaisants et la ville est intéressante. Nous avons d'ailleurs fait beaucoup de visites. Tel que l'immanquable musée de la bombe qui, je dois l'avouer, m'a remué le coeur lors de la lecture des témoignages laissé par des rescapés. Ou encore l'ancien quartier hollandais, des temples chinois, etc.
Nous sommes parti le jeudi matin, après une dernière visite de temple (quelle surprise), pour la deuxième étape.

Un des nombreux ponts en pierre de Nagasaki   Lampions   Torii rescapé de la Bombe. L'autre moitié à été soufflée.   Point G, euh, non hypocentre de l'explosion.   Le parc de la Paix et son Apollon. Je vous laisse deviner où.

14.08.2008 - Kumamoto

Nous sommes arrivés à Kumamoto vers le début d'après midi, après un solide repas nous avons déposé nos bagages dans une consigne et sommes parti en direction du château de la ville. Nous avons pris plusieurs photos et après quelques heures nous sommes allés dormir dans notre premier minshuku. Un minshuku est une maison d'hôtes avec chambre de type japonaise (tatamis et futon), tenu par un couple, c'est assez bon marché. Il parait qu'en général il est possible de manger dans ces établissements cependant nous n'avons pas posé la question. Aussi, la chambre étant petite nous avons préféré manger dehors. Après le repas nous avons revêtis notre pyjama fourni par l'établissement et nous nous sommes couchés tôt en prévision de la longue journée nous attendant.

Une autre partie du château ainsi qu'une vue sur les murailles au design réfléchi   Kumamoto-jô   Entre terre et eau      Frédéric et moi en faux yukata dans le minshuku de Kumamoto  

15.08.2008 - La folle ascension du mont Aso !

Ce matin là, vers 6h30 le réveil a retenti. Après nombreux grognements et étirements nous avons fini par nous lever puis partir à l'assaut du mont.

Vers les 10h nous sommes arrivés au village du nom d'Aso. De là, un bus nous a conduit jusqu'au magasin de souvenir du coin, qui sert aussi de point de départ pour un téléphérique reliant deux points ridiculement proches. Voyant cela d'une part et aussi que le peuple dans la beine était compressé comme des sushis dans un bentô nous avons préféré montrer qu'il était possible de faire le même chemin à pied !

Par suite, ce fût à la force du mollet nous avons fait quelques détours par-ci par-là avant d'arriver à l'attraction phare : le cratère ! C'est là que les japonais vont, et pour la plupart c'est la seule chose qu'ils voient. Ils arrivent par le téléphérique ou par la voiture qu'ils ont garé 10 mètres à côté, vont vers le cratère fumant, prennent leur photo, achètent leur okashi souvenir et redescendent. Mais n'ayant pas fait toute cette route pour rien, Frédéric et moi-même avons eu la très bonne idée de faire une balade supplémentaire autour de cet impressionnant cratère. A propos c'était ma toute première fois, oui ma toute première fois que je pouvais en contempler un, alors autant faire durer le plaisir.

Alors que nous marquions une courte pause afin de faire une photo et s'hydrater le goulot, voilà t'y pas qu'un individu à lunettes monte vers nous par le seul et unique chemin ascendant. Lors de son approche, ma fantastique mémoire visuelle ... ah, je reviens, mes chaussettes viennent de craquer ... ma fantastique mémoire disais-je, m'a fait penser que ce personnage m'était déjà apparu. Cependant, à cause de son début de discussion dans un anglais sans accent parasite mon impression est retournée d'où elle venait - pour autant qu'il y ait une place pour les impressions.
Après quelques échanges banals il s'est avéré que celle-là était bonne ! Je l'avais déjà vu ce gars là, et vous savez où ??? Ben non, vous ne savez pas. Ok, ok, je vais vous le dire : à l'EPFL ! OUI A L'EPFL !
Romain de son prénom est de la même volée de diplômés que moi, ce dernier était dans la section électricité et nous avions quelques cours en commun à l'époque. Il venait au Japon pour faire un voyage en solitaire avant de commencer son travail en Suisse. Je ne le connaissais que de vue. Une rencontre plus qu'improbable qui renforce l'expression : "le monde est petit".
Nous avons donc continué la balade à trois.

Encore aujourd'hui, je crois que mon meilleur souvenir de ce voyage à Kyushu est le mont Aso et les paysages que j'ai pu admirer sur les crêtes du Nakadake. D'autant plus que les gaz sulfurisés rejetés par le volcan resteront imprégnés dans mes poumons.

Nous sommes redescendu par un autre chemin que celui emprunté pour la montée. Malheureusement, à cet endroit, il n'y avait pas de bus pour nous transporter vers la gare du village d'Aso. Après avoir savouré une glace bien méritée nous avons entrepris de descendre une route en espérant arriver à Miyaji (à l'Est d'Aso) avant que le tonnerre qui grondait alors n'éclate et ne déverse sa pluie sur nous.
Plus nous marchions et plus la fréquence des grondements augmentait. Nous avons donc tenté le tout pour le tout : faire du stop ! Après plusieurs essais infructueux, une voiture s'arrête enfin. Après les plusieurs grosses voitures quasi-vides étant passées sans ralentir voici que c'est celle de quatre jeunes japonais sur-motivés qui nous est proposée pour nous déposer.
Nous avons bien sûr accepté.
Apparemment l'aventure pour ces jeunes était aussi extraordinaire. A l'arrivée nous avons eu le droit à la photo de groupe, puis à des "bai bai" (bye bye) répétés jusqu'à ce que la voiture ne deviennent qu'un point à l'horizon.

Ces émotions, mais surtout 5h de marche, nous ayant creusées l'appétit, nous sommes allés vers un restaurant d'Aso. Ce n'est qu'une fois installé que la pluie s'est mise à tomber comme vache qui pisse à verse. Nous avons évité une sacrée douche. Pour fêter ça, nous avons arrosé notre repas à la bière, la boisson des sportifs.

A la fin du repas, le temps ayant passé bien vite, nous avons fourni le dernier effort de la journée en courant vers la gare. Malgré un détour du à une perte du sens de l'orientation nous avons, Frédéric et moi, réussi à attraper le train de justesse. Romain restait à Aso pour continuer sa route de son côté. Comme dirait un célèbre indien du XXième siècle : "Chacun sa route. Chacun son chemin. Passe le message à ton voisin".

En arrivant à Kumamoto pour passer la nuit nous avons pu admirer nos coups de soleil respectifs.. Oui, j'ai eu mal.. Maintenant je pèle, les japonais font semblant de pas voir que j'ai des lambeaux qui se détachent du front. La lotion japonaise pour après coups de soleil ne m'a servi à rien, la Biafine m'a manquée..

Cratère fumant du Nakadake   J'aime ces couleurs      Rencontre imprévue de Romain !   OUILLLLLLLLE !!!!
Sombre fleuve   Photo souvenir avec les d'jeuns sur-mot' ;)   Restaurant assis à Aso

16.08.2008 - 17.08.2008 - Fukuoka/Hakata

Avant de partir pour notre dernière ville nous sommes allés visiter le jardin de Suizenji à Kumamoto... On aurait pu s'en passer car finalement il ne valait pas tant le détour.

Fukuoka/Hakata, une ville, deux noms. Hakata c'est pour la gare du shinkansen, Fukuoka c'est pour le reste. D'après mon guide cette ville est issue de la fusion entre les deux. Pourquoi les deux noms sont restés ? Je ne sais pas... 

Nous n'avions pas grand chose à voir dans cette ville en réalité. J'avais mal lu le guide, peut être que mes yeux se sont focalisés sur la réputation des ramens (sortes de nouilles dans un bouillon) de Fukuoka, censées être les meilleures du Japon, ou alors sur le passage mentionnant que les filles de Hakata sont les plus belles du pays.

Nous avons donc fait un tour du grand complexe commercial de la ville, et comme c'était la seule activité de la ville nous nous sommes perdus dans une salle obscure pour voir un sombre film (américain) dont je ne citerai pas le nom pour ne pas lui faire de publicité.

Enfin, nous sommes allés manger des ramens ! Ouais ! Mon guide ne mentait pas, les ramens de Fukuoka étaient VRAIMENT excellentes. C'était aussi la première fois que j'ai pu manger en terrasse au Japon.
Après avoir fini notre bol, un grand-père japonais nous a complimenté sur notre façon d'apprécier la nourriture de sa ville. Puis sa famille l'a rejoint et ils se sont assis à la même table que nous. C'était encore une bonne expérience et de bons souvenirs.

Sinon, par rapport à la vie nocturne de Fukuoka, eh bien là encore une surprise, cette ville est bien vivante !

Le lendemain nous avons conclus notre séjour en ville par la visite de deux temples (oui, encore), puis nous sommes allés prendre le shinkansen. Nous étions dans la gare à 13h et on espérait prendre le train de 13h30. C'était sans savoir que le dimanche de la fin des vacances communes à la plupart des japonais, tous ceux qui ne sont plus en vacances rentrent dans leur contrée respective ! Ainsi, à 15h30 nous avons enfin pu entrer dans le train nous ramenant à bon port ... euh, bonne gare.

      Je l'aurais bien adopté   Foule   Ravitaillement : boissons et ... okashi !


Préparatifs de départ

07.08.2008 : Enfin du travail ! enfin ...

Demain vendredi débuteront mes premières vacances que je vivrai en tant qu'employé fourbu par des journées riches en activités cérébrales. Enfin, ceci à plus ou moins de choses près.

Mais la question n'est pas encore à la rigolade ! Il reste encore un jour et des poussières. Tiens, d'ailleurs il est là le problème : les poussières.
Nos amis de chez JTEKT n'aiment pas laisser vagabonder les moutons sur les verts pâturages de son terrain. Ainsi, deux jours sont requis pour traquer ces ignobles bestiaux. Cela donne une bonne occasion pour tous de ne rien faire pouvant contribuer 
à l'avancement de son projet (si par chance ils en ont un) et de ranger lentement ses petits papiers trainant à gauche à droite.
Histoire de rationnaliser un peu, c'est sûrement une bonne chose de ranger de temps en temps les laboratoires dans une entreprise. Je ne vais donc pas trop critiquer ce point.

Bref, ce matin vers les coups de 10h30, mon chef m'appelle et me raconte avec sa façon détendue habituelle (un peu comme si une bombe allait exploser sous peu) qu'il va falloir commencer le fameux rangement du printemps d'été. Je me lève donc pour l'aider dans ces tâches.
La premi
ère consistait à enlever des étiquettes sur des classeurs qui trainaient dans un coin. Ensuite je l'ai accompagné pour chercher des cartons puis nous avons remplis ceux-ci avec de vieux magazines. C'était super. Une fois ceci fait, mon chef me dit de le suivre et me voyant arriver la tête nue il rajoute "n'oublie pas la casquette". Oui oui, le truc que j'avais mis pour faire le clown sur les photos et qui se repose sur mon bureau depuis lors. J'ai donc chaussé ce couvre-chef sans lequel Dieu sait ce qu'il me serait arrivé : éborgné par une météorite qui foncerait sur moi, ou par un rayon laser réfléchi par un satellite.. enfin.. un truc terrible sans doute. Bref, je vous passe sur la suite tant que l'histoire était passionnante. A midi le rangement était fini, je suis retourné sur mon PC pour regarder mes mails mon programme en C.

Demain soir mes vacances d'une semaine commencent, direction Kyushu avec Frédéric.
Pour toutes mes fans, soyez patientes je reviendrai !

PS : Pour ceux qui ont remarqué et qui se poseraient la question, non, je ne fais pas exprès de publier mes articles tous les jours se terminant par "7". Mais c'est en effet amusant.


Home sweet home

28.07.2008 : description détaillée

Comme ça me tenait à cœur de présenter mon dortoir douillet, je consacre un article spécial pour faire cela.

Tout d’abord, l’entrée du secteur, bien que déjà très accueillante à la base, le devient plus encore grâce à une superbe plaque en acier scintillant indiquant que ce fabuleux palace appartient à JTEKT ; et à personne d’autre. D’ailleurs, quiconque n’appartenant pas à cette grande compagnie sera dans l’instant détecté par une des nombreuses caméras recouvrant l’ensemble du domaine, puis supprimé grâce aux tireurs d’élite placés sur les toits des différents complexes.

En s’avançant sur le macadam - qui n’a rien à voir avec des noix – on atteint la porte d’entrée. Là encore, il est possible de compter deux caméras supplémentaires dissuadant d’éventuels malfrats, ou encore, une femme qui voudrait par hasard embêter un employé innocent la nuit venant. En effet, il est bien marqué dans le règlement du dortoir que les femmes sont interdites d’entrer dans le dortoir. C’est vrai que c’est dangereux une femme, non mais.

Toujours dans l’idée de protéger des intrusions, il faut appliquer une carte magnétique contre un boitier pour déverrouiller la porte. Au cas d’un malencontreux oubli de cette carte, je ne sais pas bien ce qu’il faut faire. Peut-être qu’il faut utiliser le téléphone et coller son œil contre la petite caméra à coté et répondre à une série de questions visant à déterminer si l’on est ou non un répliquant. Ah non, ça c’est dans Blade Runner.

Après avoir surmonté la première épreuve de la carte, il suffit d’enlever ses chaussures et d’aller les placer dans les radieux petits casiers prévus à cet effet. Gare à vous si vous ne les ôtez pas ! Des caméras surveillent !
Par conséquent, il faut sagement chausser ses petits chaussons et ranger ses petits souliers dans les mignonnes boites pas rouillées pour un sou. Chaque employé a naturellement son propre emplacement. Le mien est facile à trouver, c’est le seul écrit en alphabet et non pas en kanji.

Ensuite, direction la chambre. Il faudra emprunter différents chemins selon si la chambre est placée dans la zone Higashi, Minami, Naka ou Kita. Correspondant respectivement à Est, Sud, Centre, Nord. Pourquoi il n’y a pas l’ouest ? C’est comme ça point.
Mon secteur est Higashi, encore une fois - car j’aime à le répéter - c’est le nouveau immeuble, celui qui a 20 ans seulement.

J’emprunte donc un petit couloir pas trop encombré et plutôt bien décoré : une paire de chaussures ici, un gros carton par là, ou encore une guitare, etc. Enfin j’arrive devant ma porte et je deviens le matricule 136.

La chambre, est pas mal. Il y a un lit, une table, des meubles de rangements, une télé et même un frigo. C’est suffisant pour mes besoins vitaux. Ah et j’oubliais, il y a bien sûr une climatisation !!! Sans quoi je serai mort de déshydratation plus d’une fois. Il fait en effet une chaleur incroyable lorsque je rentre à la fin de ma journée, la clim ayant été bien évidemment éteinte pendant ce temps.

Concernant les commodités. Pour revenir sur le sujet. J’ai donc le droit à des toilettes communes sur lesquelles je ne vais pas m’attarder de trop, je veux juste préciser au passage – suite à certaines réactions – qu’il y a bel et bien des portes pour assurer un peu d’intimité ; c’est la moindre des choses. J’ai aussi une salle de bain/douches commune. J’ai réussi à faire une photo mais ce n’est pas facile car d’une part il y a en général toujours au moins une personne. D’autre part, je n’avais pas envie de passer pour un pervers qui prend des photos bizarres dans son coin. Enfin, vous pouvez enfin voir à quoi ressemble un ofuro japonais. Admirez sur votre gauche les sympathiques tabourets, douche et miroir, au centre le bain et sur la droite encore les tabourets et ce qui va avec. Si vous êtes hardi vous avez même le droit de choisir votre tabouret et de l’apporter vers votre place favorite. Pour ma part je ne fais pas le difficile je m’assois sur le premier à disposition.
En général l’eau de la douche peut être chaude ou froide selon la demande. Sauf que bientôt, en août, il y aura LA semaine de vacances d’été de l’entreprise, pendant cette période l’eau chaude sera coupée. Je vais donc mettre les voiles comme tous les autres employés. La plupart rentrent dans leur famille. La mienne étant malheureusement assez loin j’irai découvrir l’Ouest japonais peut-être : Hiroshima, Fukuoka et Nagasaki. Le pèlerinage atomique comme dirait mon chef.

A propos de ces vacances, il faut savoir qu’au Japon, la plupart des entreprises travaillant dans l’industrie ont choisi la semaine du 9 au 17 août pour prendre congé. De cette façon c’est plus pratique, tout le monde est en vacances en même temps et donc les hôtels sont surchargés, les trains sont remplis et bien sûr les prix grimpent.
Les deux autres semaines de vacances de JTEKT sont vers Noël et la Golden week. Là c’est un peu différent, pendant ces semaines tous les japonais sont en vacances en même temps alors qu’en été ce ne sont « que » les employés travaillant l’industrie. En été les jeunes, eux, ont des vacances séparées, il ne faudrait pas que les enfants puissent passer du temps avec leurs parents, ce serait embêtant...

Bref, revenons à la cabane bambou bambou. Vous savez que je prends mes repas matin et soir dans le réfectoire du dortoir. Vous pouvez observer qu’il n’y a personne sur la photo. C’est normal, j’ai pris la photo samedi et la cuisine est fermée le w-e. En attendant il n’y a pas beaucoup plus de monde en semaine non plus. Une dizaine de personnes maximum mangent en même temps. Les autres sont : soit encore dans l’entreprise pour faire des heures sup.. sup.. super, soit dans leur chambre pour dormir, regarder la télé, etc. La plupart du temps, les dix personnes mangeant en même temps se répartissent dans le volume à disposition. Un ici, un autre là. Rares sont les groupes. Parfois il est possible de voir trois personnes manger à la même table et même se parler !
Comme c’est un point connu que les repas se passent souvent silencieusement, une télé est placée dans la pièce pour casser cette ambiance un peu glauque. Tout le monde regarde l’écran en mangeant, ce qui permet de s’ouvrir d’avantage aux autres.
De mon côté j’ai un ami, chinois : Chin (c’est son nom), avec lequel je mange et aussi discute (en anglais puisqu’il ne parle pas japonais). Nous sommes les deux seuls gaijins (étrangers) du dortoir. Parfois un japonais mange avec nous, mais ce n’est pas très fréquent.
De plus, pour nous, les stagiaires (Chin et moi), le repas gastronomiques de la cantine sont gratuits. Les employés doivent pour leur part payer à chaque fois. Beaucoup préfèrent acheter leur propre nourriture, ce que je comprends. C’est aussi une raison pour laquelle le réfectoire n’est pas surpeuplé.

Le repas du matin consiste en un bol de riz qu’il est possible de remplir à son gré, un bol de soupe - miso naturellement, mais qui est plutôt mi-eau que miso – et d’un truc à base d’œuf. Le plus souvent l’œuf est cru ou tout juste cuit. Ce qui fait que je ne mange en général que le riz et la soupe. Vous verriez la tête de l’œuf cru, notamment lorsqu’il est arrosé de soy sauce, vous feriez pareil.

Le repas du soir consiste en un bol de riz qu’il est possible de remplir à son gré, un bol de soupe – miso naturellement, … oh, je me répète … parfois il y a un bouillon aussi – puis des pickles (cornichons, radis, gingembre ou autre chose vinaigré en rondelle) et un plat : poissons, truc gluant, viande, etc. Pour le repas du soir il faut au préalable s’être inscrit grâce aux ordinateurs prévus uniquement à cet effet. Si on sait lire le menu de la semaine il est même possible de savoir à l’avance ce qui va être servi. Comme je ne sais pas, c’est toujours une surprise. Le chef s’appellerait Uncle Ben’s, ce serait toujours un succès et donc je ne me ferai pas de soucis, mais dommage ce n’est pas lui qui fait la cuisine.

Juste encore un mot sur les machines à laver. Mon étage a deux machines et deux sèche-linges à disposition. Il faut payer 200.- ¥ environ pour chaque usage. Ce n’est pas donné pour l’effet produit,  mais je n’ai pas le choix, à moins de faire comme Chin qui lave lui même son linge à la main, ce qui donne à peu près le même résultat. Bref, je suis fainéant et je paye. Pourquoi dis-je que le résultat est équivalent ? Tout simplement parce que les machines lavent à l’eau froide. Par suite, les tâches, la transpiration etc. ne sont pas vraiment nettoyées. Ceci dit, partout au Japon c'est la même chose, les machines lavent toutes à l'eau froide. Ou sinon, ils utilisent parfois l'eau du bain (qui est propre puisqu'on rentre dans le bain après s'être bien lavé sous la douche) pour nettoyer le linge.
Je n’utilise pas les sèche-linges parce que pour l’instant c’est l’été et en une nuit le linge devient sec, c’est l’avantage de cette saison, pendant celle des typhons je vais peut être avoir plus de mal à mettre mes affaires sur le balcon.

Bon, cette fois je crois avoir présenté tout ce qu’il y avait à montrer. Peut-être voulez-vous voir quelques décorations dans le dortoir, tel qu’un magnifique tableau et une pendulette, surveillés par une caméra au cas où quelqu’un trouverait cela beau. Je peux aussi montrer une superbe fenêtre avec barreaux pour ne pas que les employés s’échappent, ils sont féroces. D’ailleurs, encore en parlant de caméras, j’ai découvert que certaines filmaient des portes où il n’y a jamais de passage. Encore un moyen de repousser le sexe opposé. Décidément les hommes japonais doivent être effrayés par cette éventualité.


Aie ho aie ho !

17.07.2008 : Désillusions...

Après le dimanche (29) passé en solitaire dans mon superbe dortoir dernière génération, qui sent le moisi dans le vestiaire de la douche, qui ne sent pas spécialement bon dans le réfectoire, qui est décore comme un hôpital (psychiatrique) et j'en passe et des meilleures, j'ai pu découvrir mon entreprise dans laquelle je vais passer les neuf prochains mois. Quelle joie ! (non je blague).

Juste au passage concernant le dortoir, on m'avait dit que j'étais dans le nouveau bâtiment, mais je me demandais, aux vues de certains détails, quand est ce qu'il avait été bâti... J'ai donc fini par poser la question, et oui, il est bien nouveau, mais ca doit faire depuis bientôt 20 ans qu'il l'est ! Quelle chance, j'aurai pu avoir l'ancien qui lui a été construit sûrement 20 ans auparavant ! Si ce n'est plus.

Bref, l'entreprise....... Autre sujet qui fâche....
Lundi matin, l'Empereur, sa femme et le petit prince, sont venus chez moi pour me serrer la pince, mais j'étais alors entrain de faire le tour des chefs du personnel, des chefs de groupes, des chefs de chefs, etc. en les saluant par courbettes et bafouillages.
Puis j'ai récupéré mon uniforme pour ressembler à tous les autres employés de JTEKT, parce que c'est ça l'esprit communiste communautaire.
Pardon pour la confusion entre les termes c'est que parfois je me demande où se place le Japon par rapport à ses idées politiques. Pourquoi les japonais sont-ils obligés de vivre dans le dortoir de l'entreprise pendant les six ans après leur entrée dans l'entreprise (sauf s'ils sont mariés ou qu'ils ont vraiment une bonne raison de ne pas suivre la norme) ? Pourquoi doivent-ils porter un uniforme (sauf les chefs bien sûr). Pourquoi doivent-ils faire la gym tous les matins dans leur bureau dès que la musique s'enclenche (avec souvent un manque de motivation éclatant) ? ...
De plus, chaque matin dans le vestiaire de l'entreprise ou encore avant d'aller manger dans le dortoir (matin et soir), il est possible de lire les slogans poussant à une production rapide et de qualité. Pour en rajouter une couche il paraît même qu'avant la fusion de Koyo Seiko et de Toyota Machine Tools (ayant donné JTEKT) les employés de Koyo avait la chance d'écouter l'hymne de l'entreprise avant la gym...

Puis j'ai rejoint mon labo ou je travaille avec quatre autres employés japonais. Trois de plus de 35 ans et un de 28 ans. Vous pourriez pensez que d'être dans un petit groupe permettrait de créer des liens peut être plus fort et donc s'intégrer plus rapidement dans l'entreprise. Eh bien, on pourrait le penser, mais ce n'est pas le cas. Mes collègues ne sont pas vraiment du genre bavard. Ni pendant le travail ou ils ne parlent pas (ni entre eux, ni a moi) puisqu'ils bossent, ni pendant les repas ou ils ne parlent pas non plus puisqu'ils se nourrissent. Parler serait une perte de temps n'est-il pas ? Ah et par suite logique, ils ne font pas de pause bien sur. De ce fait, pour ne pas devenir moi aussi asocial et autiste j'essaye de rejoindre quotidiennement les quatre suisses de l'entreprise qui eux font des pauses et tant pis si je passe pour un touriste qui ne sait pas rester 8h assis devant un PC à rien faire (j'en suis incapable d'ailleurs).

Pour revenir sur le titre de cet article "désillusions" qui sonne assez sombrement. Avant de rentrer dans l'entreprise (ceci inclus avant de rentrer dans le dortoir puisque c'est intimement lié), je pensais arriver et donner un coup de pied dans la fourmilière. Je pensais prétentieusement être un des premiers stagiaires à réussir à casser l'image de l'entreprise fermée que m'avaient peint plusieurs anciens stagiaires ou que j'avais lu sur internet. Je pensais qu'il suffisait de s'asseoir pendant un repas dans le dortoir à côté d'un japonais et de discuter pour se créer des amis. Je me trompais. Dans cet entreprise, sans vouloir être défaitiste, ce n'est pas possible.
Mais il existe sûrement quelques perles sur l'ensemble des entreprises japonaises, tout n'est pas sombre j'espère. D’ailleurs d'après les échos de Grégory, lui est bien tombé sur ce point, tant mieux pour lui.

Par suite, je ne parle plus beaucoup japonais depuis que j'ai quitté Kanazawa. J'essaye dès que je peux de pratiquer mais les occasions avec des collègues sont malheureusement bien trop rares à mon goût. Ce n'est pas la peine d'ajouter que les trois mois à Kanazawa n'étaient en rien comparables avec la vie d'ici. Autant au niveau de l'apprentissage de la langue qu'au niveau des échanges humains.

Concernant le travail. Aie ! encore un autre point délicat.
Pourquoi ? Tout simplement parce que jusqu'à aujourd'hui il n'y en avait pas... Les journées étaient par conséquent trèèèèès longues... La première semaine je lisais des articles, des rapports d'anciens stagiaires (ce sont les seuls en anglais), et je m'autorisais parfois de lire mes mails. Maintenant c'est presque pareil sauf que je m'autorise parfois à lire des articles.
Tous les jours le responsable de mon projet - qui est encore à définir - me dit de lire les articles - que j'ai déjà lu et relu maintes fois - et de continuer mes recherches. Il n'a pas du se rendre compte qu'il ne m'a pas donné d'objectifs, savoir quoi rechercher est donc une tâche ardue. A moins qu’il me fasse des blagues et qu’il me dise de continuer de lire mes mails personnels, mais ceci me surprendrait.
Cependant, depuis peu il se met à me donner une flopée de nouvelles directives. D'un côté c'est bien car j'aurai enfin quelque chose à faire, de l'autre : comme les directives changent de sens chaque jour je ne sais toujours pas vraiment à quoi me fixer. Quand je lui pose une question sur ce point il panique un peu et me répond vaguement qu'il existe en effet des risques pour que le travail ne soit pas encore décidé.
Je verrai dans quelques semaines si je suis devenu un employé japonais modèle (heures supplémentaires, asocial, ne jamais contredire les directives saugrenues, etc.) ou si j'aurai réussi à conserver mon européanisme (pauses supplémentaires, bavard, râleur, etc.). J'espère m'adapter d'une manière ou d'une autre, quitte à me résigner à oublier mes idéaux de "sociabilisation".

J'espère que vous me suivez encore, il faut dire que depuis le temps que je n'avais pas écrit d'articles c'est sûr que celui-là s'étale. Surtout qu'il y a tant de choses à dire sur l'entreprise. J'aurai bien des choses à dire encore sur le dortoir car depuis deux semaines j'en découvre tous les jours de nouvelles. La seule constante du dortoir est le repas (matin et soir) mais je reviendrai là dessus, je vous laisse mijoter et vous questionnez pour savoir ce qui peut être pareil à chaque fois !

Je m'amuse tout seul avec le retardateur. Image 7 (c'est la derniere)

PS : J'ai mis de nouvelles photos dans l'album JTEKT. Certaines montrent que je ne croule pas encore sous le travail et que j'ai quelques minutes à perdre parfois souvent.