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Ichinen kan 日本 no ryokoo

千載一遇 - Senzai ichi guu - Une chance dans une vie

Voilà, en ce mardi 24 mars, le verdict est tombé. Alors que le Japon est dans une période de crise comme le pays n'en a pas vu depuis 25 ans. Les entreprises se serrent la ceinture, comme je l'ai dit précédemment, des solutions de dernier recours ont été mises en place : licenciement de intérimaires, mutation des employés en production, réduction de la production puisque pas de demande nulle part, quelle sera la prochaine étape ?

Après une série d'excuses plutôt compréhensible voilà que l'on m'annonce : "on ne peut pas t'engager». Je m'y attendais plus ou moins puisque depuis décembre la situation empire et semble ne pas s'améliorer. De là, je ressens deux sentiments. De la joie bien sûr, car je vais pouvoir revoir ma famille, mes amis, mais de la tristesse aussi, car une année c'est court et il reste encore tant et tant de choses à découvrir ici.
Mais voilà, cette situation me dépasse et je ne peux rien faire contre le courant. Comme diraient les japonais :
しようがない (shô ga nai). Ce qui signifie, "on ne peut rien y faire", une des expression favorites des japonais.

Cette année m'a permis de réaliser plusieurs choses sur le pays. Je dois d'ailleurs dire qu'avant de mettre un pied au pays du Soleil levant je n'avais pas la moindre connaissance de la galère dans laquelle je m'embarquais. Enfin, pas la moindre est bien sûr un bien grand mot, cependant je n'en connaissais pas long. J'avais surtout des idées reçues telles que : le Japon est le pays du poisson, des sushis, des karaoke, des mangas, des jeux vidéos, des heures supplémentaires, les japonais sont froids, etc.
Finalement :
- le poisson, je n'en ai pas mangé plus qu'en Bretagne, et de loin.
- le karaoke, j'ai du y mettre trois fois les pieds et je n'ai pas rencontré de japonais étant vraiment fan.
- les mangas ne sont qu'un équivalent des bandes dessinées.
- les jeux vidéos ne font pas plus d'adeptes chez les nippons que dans nos contrées. Les asociaux de la cour de récré sont aussi présents en Europe, scotchés sur leur Gameboy.
- les heures supplémentaires ne sont qu'une façon d'arrondir les fins de mois, mais ne rendent pas les salariés plus efficaces. Mais encore, en Suisse aussi les gens font des heures en plus, au bureau, ou chez eux.
- concernant la froideur des japonais, pas plus qu'ailleurs. La Suisse est un pays particulièrement froid humainement, peut être plus que le Japon lorsqu'on est étranger. De plus, les japonais se sont toujours intéressé (curiosité) à moi alors que j'étais seul, ou accompagné. Ce ne m'était jamais arrivé lors de mes voyages en Europe.
Au final, les japonais, bien que vivant de l'autre côté du globe, ne sont pas différents de vous et moi.
Cela peut paraître évident dit de cette façon, mais je suis sûr que certains en doutent.
Mon année s'est donc quasiment écoulée. Plus qu'une semaine avant de monter dans l'avion et dire au revoir au pays qui m'a accueilli. Il est temps pour moi de faire un bilan sur ce qui m'a plu ou non ici.
J'ai aimé :
  • La découverte. Le fait d'apprendre tous les jours quelque chose de nouveau, autant pour la langue, que pour la culture. C'est peut être ce qui me manquera le plus.
  • Faire des voyages presque tous les week-end. A une distance plus ou moins importante certes, mais un dépaysement souvent de la partie. Il me restera d'ailleurs un regret, celui de partir avant d'avoir pu profiter de la proximité de la Chine, de Taiwan, de la Corée, du Vietnam, etc. Destinations qui resteront classées dans la catégorie "quand tu auras du temps et de l'argent Clément".
  • Les japonaises... dont le charme ne m'a pas laissé de marbre. Serait-ce dû à leur mini-short, ou bien alors leur mini-jupes qui dévoilent leur jambes souvent superbes. Eté comme hiver. Ah ? Des yeux s'illuminent ?
  • Etre différent. Je ne dirai pas que d'être un étranger m'a facilité la vie parce que ce n'est pas vrai sur tous les points. Cette différence m'a plu parce que parfois/souvent les gens sont curieux, posent des questions, s'intéressent. Ce qui permet d'un côté de ne pas se sentir si seul. Au Japon il faut avouer que l'étranger est bien traité, et reste "spécial" (sens positif et négatif). Je vais retourner en Suisse et redevenir ordinaire, me fondre dans la masse cela ne m'enchante pas tellement.
  • Pouvoir me promener avec mon salaire mensuel (100'000 JPY) dans le porte-monnaie sans craindre quoique ce soit. En Suisse c'est à peine si j'osais prendre 100.- CHF sur moi.
  • Ne jamais m'être fait agresser verbalement ni autre pendant une année.
  • Pouvoir récupérer une carte de train coutant plus de la moitié d'un salaire alors qu'elle avait été perdue dans une ville de 2.48 Mio d'habitants.
  • La saison des érables rouges : 紅葉 (kôyô). Mais surtout les illuminations nocturnes de Kyoto lors ce cette saison. J'ai vraiment été soufflé par la beauté du spectacle offert par des arbres et leur feuilles colorées avec des tons et couleurs jamais observées auparavant dans la nature.
  • La nourriture japonaise. (Par contre je ne mentionnerai même pas la ration quotidienne du dortoir).
  • Parler japonais. Cela rejoint le premier point "la découverte". C'est un peu plus le fait de pouvoir communiquer et de sentir des capacités grandissantes qui était agréable. Je n'ai pas cette sensation en parlant anglais...
  • Les bains chauds, qui me replongent vers mon enfance à chaque fois que je m'y immerge.
Je n'ai pas aimé :
  • La solitude. Parce qu'au final je n'ai pas eu tant d'amis que ça. Les échanges ressemblait souvent à "- Tu viens d'où ?", "- De Suisse", "- Oh ! La Suisse ! J'aimerai y aller !". Je ne peux même pas chiffrer le nombre de fois que j'ai pu entendre cette phrase... Comme je l'ai dit, les japonais sont curieux, certes, mais de là à devenir ami, c'est une autre histoire.
  • Les repas au dortoir. Je n'ai rien contre manger du riz trois fois par jour. Mais encore faudrait-il qu'il ne ressemble pas à une bouillie prémâchée...
  • Devoir retenir son envie le plus longtemps possible pour éviter des trajets ennuyant vers les toilettes qui n'étaient pas dans ma chambre.
  • Marcher pied nu sur le tapis en poil de fer pour accéder à la douche. Vous savez, le genre de tapis qu'on utilise pour se nettoyer les chaussures boueuse. Sauf que pied nu...
  • Vivre comme un animal, surtout en hiver avec mes habits en guise de couvre-lit parce que le chauffage et l'isolation au Japon, ils ne connaissent pas.
  • Vivre comme un animal avec les habits suspendus au dessus de mon lit parce qu'ailleurs il n'y a pas de place.
  • Ne pas pouvoir parler japonais autant que je l'aurai aimé. A part avec quelques personnes je n'ai pas eu d'échanges réguliers, donc pas suffisamment de prise d'assurance dans la langue.
  • Qu'on me parle anglais avant d'essayer de me parler japonais. Je sais, c'est pour être poli, mais personnellement ça m'énervait.
  • Continuer de me parler anglais alors que je réponds en japonais. 
  • L'entreprise, parce que l'ambiance était vraiment pas agréable. J'ai eu un boulot intéressant depuis début janvier, mais à part ça...
Mon séjour touche donc à sa fin, j'espère pouvoir assister à la floraison des cerisiers avant mon retour. Les fleurs s'ouvrent un peu déjà mais ce n'est pas encore superbe. Je ne suis pas sûr d'avoir l'occasion d'écrire un nouvel article d'ici mon retour, en Suisse.
La semaine prochaine il me restera deux jours dans l'entreprise, une présentation de mon stage, une nomikai histoire de faire semblant d'être tous amis, puis trois jours pour essayer d'envoyer mes paquets en trop par bateau ou autre. Je vais aussi sûrement supprimer mon blog de la toile lorsque je serai en Suisse. Il n'aura en effet plus d'utilité. Si quelqu'un a quelque chose à y redire qu'il le dise maintenant ou qu'il se taise à jamais.

L'histoire d'un jour

C'est le genre d'article que j'aurai pu poster tout au début déjà, mais bon comme on dit, mieux vaut tard que jamais !

Je me suis dit ce w-e, après avoir parlé à un ami qui s'intéresse à ma vie au Japon (merci), que d'autres se posaient aussi la même question mais n'osaient pas demander quel parcours je me tape fais chaque jour ! Voici la réponse :


Agrandir le plan

En général c'est départ 6h55 du dortoir, arrivée 7h55 au bureau.
Retour 16h45 du bureau arrivée 18h00 au dortoir.

Vous pouvez zoom, zoom, zoomer pour mieux apprécier le paysage... enfin, regarder en tous cas.


La grande vadrouille

12.02.2009 : Fuite à l'Ouest

Vous savez sûrement que depuis un certain moment déjà l'économie ne va pas tip top. Le Japon n'est pas épargné. Beaucoup de grosses compagnies japonaises (Panasonic, Sony, Nissan, etc.) licencient à tour de bras. Certaines poussent leurs employés à acheter leurs produits (Sharp), d'autres essayent de sauver quelques pièces par ci par là.
Chez JTEKT non plus ce n'est pas la joie, une des solutions trouvée est d'interdire les heures supplémentaires, puisqu'elles sont payées. Une autre solution est de licencier le personnel qui travaille à mi-temps dans la production et de les remplacer par les jeunes ingénieurs. Ou encore de fermer l'entreprise un jour en semaine. C'est ainsi, que grâce à cette crise mondiale, j'ai pu gagner un vendredi de congé forcé et par suite, un week-end de trois jours ! (Le bonheur des uns fait le malheur des autres, et vice et versa).

Ayant appris la nouvelle une semaine en avance j'ai pu agir en conséquence en choisissant de voyager un peu loin dans le Japon ! N'ayant pas vraiment l'occasion de faire en règle générale j'ai pensé que ce serai l'occasion où jamais.
J'avais en tête depuis longtemps déjà de me rendre à Hiroshima, ville qui vous évoquera sans doute quelque chose... Oui vous avez deviné : les okonomiyaki !
Ah non ? Vous ne pensiez pas à la spécialité culinaire locale ?
Je dois être obsédé par la nourriture à force de ne pas voir de plats appétissants durant la semaine... Heureusement que le week-end existe d'ailleurs ! Mais là est un autre sujet.

Bref, l'autre point célèbre de Hiroshima est bien évidement l'évènement du 6 août 1945.

Les bons élèves se souviendront certainement que je m'étais rendu à Nagasaki en été avec Frédéric. La visite de Hiroshima pourrait donc paraître superflue car redondante, mais en réalité les deux villes sont belles et bien différentes. Donc rassurez-vous, je n'ai pas perdu mon temps !
D'autant plus que j'ai pu manger un okonomiyaki de Hiroshima.

Ainsi, après avoir fini ma semaine sur un jeudi, je suis rentré chez moi faire mes derniers préparatifs et me rendre à la gare routière d'Osaka pour prendre mon bus de nuit !

13.02.2009 : Première lueur du jour, première visite

Le bus a quitté Osaka à 23h00 et est arrivé quelques 7h plus tard à destination. Pas la peine de vous dire qu'à 6h du matin il n'y pas pas grande agitation, que rien n'est ouvert, qu'il fait froid, nuit, et qu'on se sent un peu perdu.
J'ai tenté pendant 30 minutes de trouver un endroit ouvert pour attendre que le soleil se lève. En vain.
Après avoir fait trois allers-retours dans la même rue, visiblement endormie, j'ai commencé à prendre mes repères ainsi qu'une résolution :
partir en quête du parc de la paix à quelques pas de là.

Après quelques minutes je suis arrivé devant le Dôme de la Bombe A au-dessus duquel à eu lieu l'explosion de la première bombe atomique ayant pour cible des êtres humains. En réalité l'hypocentre de l'explosion a eu lieu à quelques pas de là, enfin quelques battements d'ailes de papillon plus loin. Ce bâtiment a donc miraculeusement survécu au soufflle qui n'a au contraire pas épargné tous les autres volumes érigés dans un rayon de 500 mètres autour de l'explosion. Ce même souffle qui a instantanément pris l'âme de dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants présents dans cette surface.

Lors de mon passage à Hiroshima, et jusqu'à je-ne-sais-plus-quand-exactement le dôme est inspecté en vue de tremblement de terre. Il était donc entouré d'une armature métallique et d'un voile blanc n'ayant aucune symbolique spirituelle.

Le jour s'étant déjà bien installé j'ai poursuivi vers le parc du Mémorial de la paix dans lequel des monuments commémoratifs sont placés ci et là. J'ai commencé par voir le Monument des enfants pour la paix, puis la Flamme de la paix alignée avec le cénotaphe qui contient le nom de toutes les victimes connues de la bombe. En me retournant j'ai pu me rendre compte que ces deux monuments susmentionnés était parfaitement alignés avec le dôme de la bombe A. Plus intéressant encore était d'observer le ballet matinal et sûrement journalier, de nombreux citoyens de Hiroshima : grand-mères, joggeurs d'âge moyen, etc, venant s'incliner pieusement devant le cénotaphe.

J'ai ensuite visité les musées environnants, i.e. le musée de la Bombe A, le Mémorial National de la Paix  pour les victimes de la bombe atomique d'Hiroshima (pfou pfou pfou ça c'est du nom). Le premier était assez intéressant, quoique j'ai trouvé que le côté dramatique était un peu trop appuyé. Bien sûr que l'atomisation d'Hiroshima est un événement dramatique mais il y a façon et façon de le faire comprendre...
Il y a une exposition particulièrement intéressante dans ce musée. En effet, depuis le 9 septembre 1968, les maires de Hiroshima envoient des lettres de protestation aux dirigeants nationaux ayant ordonné la réalisation d'essais nucléaires. J'ai bien sûr cherché ceux de 1995... Oui, M. Chirac (ainsi que son ambassadeur au Japon Jean-Bernard Ouvrieu) a donc eu lui aussi droit à ces lettres. Cocorico.

Après cette visite riche aussi bien en intérêt qu'en émotions j'ai décidé qu'il était l'heure de manger quelque chose de riche en apport nutritionnel. Je me suis donc rendu dans le quartier d'Okonomi-mura pour manger un okonomiyaki, sorte de galette de pates, oeuf, chou râpé, etc. Bref, un repas complet. Osaka a aussi ce plat comme spécialité, la préparation est quelque peu différente.

Le ventre bien rempli j'ai parcouru la ville pour trouver d'autres sites intéressants. Le musée d'art contemporain ne m'a pas vraiment attiré, le musée du manga non plus, surtout qu'avec un rapide coup d'oeil je me suis rendu compte que l'appellation "bibliothèque" aurait été plus appropriée. Je suis donc allé me reposer et finir ma journée de touriste dans mon hôtel, juste à temps pour éviter la grosse averse qui a duré toute la soirée.

Dôme de la bombe A et le pont en T qui était la cible choisie comme hypocentre de la bombe. FInalement ils l'ont raté de peu, mais je crois que ça n'aurait pas changé grand chose...   La Flamme de la paix qui ne sera éteinte que le jour où la dernière arme nucléaire restant au monde sera détruite... pas demain donc...   Mémorial national de la paix pour les victimes de la bombe atomique de Hiroshima.  L'horloge fixe indique 8h15, l'instant auquel des milliers de vies ont été éliminées d'un souffle.

14.02.2009 : Visite cunilaire

Samedi matin, j'étais motivé pour me rendre sur l'île de Miyajima au Sud de la ville. Cette île est surtout célèbre pour son torii baignant les pieds dans la mer. Comme le temps était clément, la motivation l'accompagnait, le Clément.

Je suis parti sans manger histoire de gagner du temps et j'avais comme objectif d'économiser pour manger à Miyajima même. J'avais lu la veille qu'un festival avait lieu sur l'île : le festival des huîtres ! La saison venant de commencer, les citoyens de Miyajima se devaient de fêter l'événement. J'étais impatient de m'y rendre et de me remplir la panse.
Ainsi, après un voyage en tram puis ferry je suis arrivé vers 9h00 sur la place centrale de l'île. Là, la foule était déjà présente pour déguster les huîtres à moindre prix. Les touristes étaient alignés selon des files stratégiques, certaines menant aux huîtres en okonomiyaki, d'autres aux huîtres en soupe, aux huîtres crues, etc. J'ai rejoins la plus longue qui menait aux huitres grillées !
L'estomac vide criait famine et mes babines salivaient déjà de ce premier goût qui allait parvenir sur mes papilles. Je salivais d'autant plus que l'ouverture de la grande bouffe débutait à 10h précise, ce qui me laissait donc une heure pour prendre mon mal en patience.
De 9h à 10h quelques "attractions" ont eu lieu, la foule avait l'air de s'en contre-faire et ce jusqu'à ce que la distribution de saké soit annoncée. Là tous les adultes ont quitté avec précipitation leur poste, laissant leurs enfants garder leur place dans la file pour se procurer un gobelet du précieux nectar. N'ayant personnellement pas d'enfants (eh non) j'ai regardé la scène un peu dépité. D'un autre côté, j'avais l'estomac vide donc ce n'est pas plus mal que ce soit passé ainsi.

Finalement l'heure H a sonné, j'ai enfin pu voir de près les bêtes. N'opposant pas grande résistance j'ai sorti mon repas de sa coquille, l'ai piqué avec un cure dent fourni en cadeau avec l'assiette et j'ai dégusté mes premières huîtres cuites au BBQ de ma vie. Verdict : c'est excellent !
Autant les huîtres crues que j'ai pu manger en France ne m'ont jamais convaincues, autant les huîtres préparés sur un grill m'ont instantanément séduites.
Je n'ai pas refait la queue pour une ration supplémentaire voyant le monde qui continuait de s'aligner. J'ai préféré gouter d'autres spécialités plus accessibles. Je me suis là encore régalé.

Mis à part les stands proposant des huîtres arrangées à différentes sauces le festival ne vaut pas la fête du Thon d'Etel. Ici, pas chars fleuris, pas d'élection de la miss des huîtres, pas de chanteurs oubliés et à oublier de fond de bar. Ici, juste de la nourriture à consommer sur place ou à se faire livrer.
En vérité, il y avait bien une scène sur laquelle une activité semblait avoir lieu, mais personne ne semblait y prêter attention...

N'ayant pas oublié que le festival n'était qu'un bonus pour ma visite, j'ai laissé les stands de côté et je me suis dirigé vers le sanctuaire Itsukushima et j'ai enfin pu immortaliser le torii correspondant. Le torii ainsi que le sanctuaire ont été bati sur l'eau, étant présent durant la marée haute le spectacle était plutôt réjouissant. 

J'ai décidé de prendre de la hauteur en faisant l'ascension du mont Misen (530 m). La pente grimpait sec et la température n'était pas du tout hivernale. J'ai donc rapidement ôté ma chaude et épaisse veste d'hiver pour être plus à l'aise. Une heure de marche m'a suffit pour atteindre le sommet, 30 minutes pour regarder le panorama et 40 minutes par un autre chemin pour redescendre. J'ai visité un peu plus le reste de la ville puis j'ai repris le chemin pour l'hôtel.

Port d'accostage des ferries à Miyajima.   Il était une fois dans l'Est, Kureman fait son cinéma.   Durant l'ascension vers le Mont Misen : 530 mètres.   Pagode à 5 étages.

15.02.2009 : Dernière visite

Je n'avais plus grand chose à faire dimanche. En effet, Hiroshima peut facilement être visité en une journée, il me restait plus qu'un site qui m'intéressait et que j'avais délibérément laissé pour le dimanche : le château de Hiroshima.
Vu que le château est proche du point d'explosion de la bombe il a été lui aussi complètement rasé en 1945. Par suite, le bâtiment est rénové, intérieur en béton, comme le château d'Osaka et comme d'habitude, une tour d'où l'on peut admirer le panorama. Je dis admirer parce que comme pour tous les châteaux que j'ai vu jusqu'à lors ce dernier est lui aussi encerclé par des immeubles inesthétiques, par conséquent le panorama...

J'ai ensuite passé le temps jusqu'à l'heure de prendre mon bus retour, de jour cette fois. Puis j'ai quitté Hiroshima, heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage.

Château d'Hiroshima à l'aube.   Miroir matinal.   Deux époques.


Week-end capital(e) - partie 2

01.02.2009 - Mélange de genres

Avec deux jours  pour visiter une des plus grandes capitale du monde j'ai tenté un réveil à une heure raisonnable pour visiter le plus possible. La tâche a été un peu difficile à cause Du verre bu à Shibuya la veille avec Grégory, Frédéric et compagnie.

Vers les 7h du matin, j'ai senti mon lit balancé lentement de gauche à droite et sur la longueur. Je me suis demandé un instant si j'avais mangé  trop de mille-feuille le samedi soir. Puis après que ma tête soit sortie un peu plus du coton matinal j'ai réalisé que j'étais en train de vivre mon premier tremblement de terre ! La secousse n'étant pas alarmante et ne sachant pas quoi faire je me suis rendormi, bercé par ce léger balancement, au 7ième étage d'un immeuble.

Après avoir rendu ma chambre de salaryman à Shimbashi je me suis dirigé vers Asakusa, un quartier où subsiste une dernière once de l'esprit de l'ancien temps à Tokyo. Les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale ayant réduit en poussière toutes autres traces du passé.
A Asakusa se trouve principalement un temple. Comme il est rare de pouvoir visiter des temples au Japon vous comprenez bien que j'étais ébahi devant celui-ci.... hum...
En réalité le temple est très récent (1950 vous ferez le lien sans peine) et ayant pu voir des temples bien plus vieux et bien plus impressionnants auparavant j'ai donc pu faire la visite en quelques minutes le temps d'immortaliser les bâtiments et poursuivre vers le prochain point m'intéressant.

Sur le trajet j'ai reçu une téléphone de Frédéric qui se rendait à Shinjuku comme on en avait convenu le soir précédant. Grégory devait lui nous rejoindre plus tard.
Avec Frédéric nous sommes montés au 45ième étage d'un bâtiment administratif de la ville. Les nuages et la pluie avaient été balayé par les rafales de la veille. Par suite, un ciel magnifique nous a permis de voir l'ensemble de l'impressionnante Mégalopole que forme Tokyo et ses environs. De plus, grâce à cette superbe journée j'ai pu voir le Mont Fuji enneigé au loin faisant un parfait contraste entre l'urbanisation extrême et la force Nature.

Prochaine destination : Harajuku et ses énergumènes. Dès au sortir de la station de métro on constate que le spectacle va être ... spécial. En effet la principale "attraction" de ce quartier est son pont. Pont sur lequel de curieux individus se montrent seul ou en groupe, posant devant les photographes amateurs ou professionnels ou juste pour le plaisir de retrouver leurs amis partageant la même passion. Je n'ai pas été converti à leur "religion", donc rassurez-vous, vous ne me verrez pas tout de suite pavaner dans de telles tenues.

Histoire de marquer une franche coupure de genre nous sommes allez visiter le Meji-jingu : sanctuaire shinto érigé en l'honneur de l'empereur de l'Empereur du même nom. L'entrée de ce sanctuaire est accessible directement après avoir franchi le petit pont des extravagants. La transition est sans conteste radicale.
Nous avons visité avec Frédéric le jardin du sanctuaire. L'hiver n'aidant pas les fleurs à fleurir il n'y avait pas grand chose à admirer... Le bassin à nénuphar était plutôt un bassin boueux dans végétaux, etc.
Puis nous nous sommes approchés du temple, voilà.

Grégory nous a rejoint, pour la dernière visite de la journée, la baie d'Obaida de nuit. Pour y accéder il faut monter à bord d'un monorail, le trajet est assez plaisant, la vue de nuit était jolie. Après quelques temps il m'a fallu abréger nous retrouvailles pour rentrer à Osaka à bord de mon shinkansen.

Sensōji à Asakusa.  Mont Fuji (et reflet de la vitre).   Annie aime les sucettes.   New-York ?   Paris ?   Ah, Tokyo ? 


Week-end capital(e) - partie 1

31.01.2009 : Mer nourricière

Samedi dernier, j'ai été envoyé en mission et quelle mission les amis ! Le challenge était de taille, j'ai du aller présenter le travail que j'ai effectué durant mon stage au Japon ! Eh oui, je vous avais prévenu, pas de la tarte.
Je me suis donc rendu à Saitama - aux environs de Tokyo - pour discuter des 7 mois chez JTEKT avec le professeur japonais m'ayant permis de venir ici.
J'ai eu la chance que l'entreprise me paye le voyage : shinkansen aller-retour et une nuit d'hôtel (budget limité quand même).

Je suis donc parti le vendredi soir après le travail pour arriver à 21h à Tokyo, rapide le shinkansen. J'avais réservé un d'hôtel à Shimbashi, un quartier pour salaryman à Tokyo. Il ne m'a fallu qu'un instant pour me rendre compte qu'en effet ce quartier rassemblait toute la crème des travailleurs exténués par une semaine de travail nippon. En sortant de la gare de Shimbashi j'ai croisé bon nombre de costumes-cravates tanguant d'un pied sur l'autre. Je crois d'ailleurs que 95% des personnes croisées étaient des hommes. C'est pourquoi, j'ai été sur le coup assez surpris de croiser trois femmes sur un trottoir mal éclairé. D'autant plus surpris que l'une m'a souri, sourire que j'ai rendu, innocent, l'autre m'a semblé vouloir essayer de communiquer mais la voix était trop faible pour que je comprenne et la troisième m'a proposé un massage. N'ayant pas mal au dos j'ai refusé son offre. Je suis finalement arrivé dans mon hôtel après avoir évité, tel Ulysse (31), de tomber dans les pièges dressés par les sirènes.
J'avais planifié de me coucher rapidement et de me réveiller le lendemain à l'aube (4h30) afin de visiter le célèbre marché aux poissons de Tsukiji. J'avais alors quelques craintes quant à savoir si le marché serait ouvert ou non aux visites car, suite à des visiteurs vraiment pas intelligents, l'accès aux non-professionnels avait été interdit.

Le lendemain, j'attendais que mon réveil sonne dans un état de demi-éveil mais le seul son que j'entendais alors était celui de la pluie qui semblait vouloir casser le vasistas au dessus de ma tête. Puis, sans doute alerté par mon horloge interne, je me suis demandé quelle heure il pouvait bien être. Après vérification j'ai pu constater que mon pressentiment était justifié, se lever tous les matins à 6h est un bon entrainement pour approximer une heure. Car oui, il était effectivement 6h ! Au lieu de 4h30...
D'un bond d'un seul j'ai enfilé mon caleçon sur la tête et mes chaussettes sur les mains pour partir à l'aventure dans l'humidité matinale.

Humidité c'était peu dire. En franchissant le seuil de l'hôtel j'ai vite compris que la pluie s'était mise en collaboration avec des rafales tempétueuses dans le seul et unique but de me transformer en éponge humaine en un temps record. Pour cela, tous les moyens étaient bon, arrachage de parapluie, rafale ascendante, etc, afin que la pluie m'atteigne d'une façon ou d'une autre au visage.
Bref, après cette course effrénée je suis arrivé sain, sauf et surtout trempé au marché aux poissons, rien de tel pour se fondre dans la masse !
Je me suis de suite dirigé vers le fond de l'immense halle pour retrouver les maguro (thons rouges). Malheureusement un peu en retard (6h20), l'ambiance dans cette partie était déjà en train de retomber. La criée s'était plus ou moins tue. Il restait heureusement encore quelques thons survivants, ou plutôt congelés.
Je n'ai pas regretté d'avoir fait tout ce chemin pour assister à ce spectacle. J'ai pu faire quelques photos tout en évitant des chariots lancés à toute berzingue qui eux n'essayent pas vraiment de contourner les obstacles.
L'ambiance fait penser aux manèges d'auto-tamponneuses. Les conducteurs semblent foncer les uns sur les autres avec leur bolides chargés à bloc, puis s'évitent; tout ça dans une rue encombrée, avec des piétons, des cageots et des poissons.

Je me suis ensuite dirigé dans la deuxième partie du marché dans laquelle les produits de la mer sont vendus au restaurateurs et autres revendeurs. Dans cette partie, une multitude de petits stands non différenciables les uns des autres sont agglutinés. Ici le spécialiste du coquillage, là le pro du crabe, là-bas Bouba-Gump le roi de la crevette. J'ai pu assister à une scène, ou même plusieurs, qui auraient donné une attaque cardiaque aux membres de la SPA, PETA, et autres associations protectrices des animaux.
Pour vous résumer la scène : tout d'abord, dans un coin un peu délaissé se trouve une caisse pleine d'eau, dans cette caisse se trouvent des poissons et des beaux. Soudain une main surgit vers coin finalement pas si délaissé, la main prend un poisson, le pose sur une planche en bois, une autre main armée d'une lame apparait et :
- lui fend la queue,
- lui tranche les ouïes, 
Puis, un coup de karcher dans les entrailles et HOP, sur le tas, comme les autres.
Apparemment les poissons auraient conscience de leur mort prochainement puisqu'ils s'agitent tant dans leur étroite bassine qu'il en faudrait peu pour qu'ils puissent s'en échapper, mais à quoi bon.

Sur ces images fortes j'ai pris le chemin retour vers l'hôtel où j'ai pu enlever mes chaussettes imbibées et faire une sieste avant la deuxième étape de la journée : présentation bidon à l'université de Saitama !

Bon pour la peine je vous passe les détails car il n'y avait pas grand chose d'exceptionnel. L'université était vieille, moche et vide. Les escaliers, murs et dallages étaient similaires à ceux de mon dortoir.
Sinon, c'était surtout l'occasion de revoir Frédéric et Grégory et d'aller boire un verre avec eux à la fin de la journée !

Je raconterai la journée de dimanche riche en découvertes tokyoïtes plus tard, d'ici là, vous pouvez aller voir les photos de Tsukiji (+ en bonus Saitama).
(Le site me mélange à chaque fois la chronologie des photos c'est rageant).